Mort du juge Lambert : le "petit juge", entre solitude et fragilité

Le juge Lambert, retrouvé mort hier, mardi 11 juillet, est le premier magistrat à avoir conduit l'enquête sur l'assassinat du petit Grégory. Une affaire dont il est finalement devenu un peu malgré lui l'un des acteurs.

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Le juge Lambert a été retrouvé mort hier, mardi 11 juillet. Il est le premier magistrat à avoir conduit l'enquête sur l'assassinat du petit Grégory. Pour Dominique Verdeilhan, "C'est à la fois l'affaire Grégory et l'affaire Lambert, tant il incarne ce dossier et cette catastrophe judiciaire. C'est un personnage déroutant", estime le journaliste. "Je me souviens de sa comparution au procès de Jean-Marie Villemin en 1993, il a été entendu comme témoin pendant cinq heures. C'est une audition durant laquelle il était quasiment sur la sellette, à tel point d'ailleurs que le président des assises lui dira à un moment : 'Vous voyez bien la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui', sous-entendu, 'tout cela est un peu de votre faute'", explique le journaliste.  

"Un juge chialant comme un môme"

Pourquoi le juge Lambert était-il surnommé le "petit juge"? "Très vite, on s'est peut-être aperçu qu'il n'avait pas les épaules assez larges pour porter cette affaire", analyse Dominique Verdeilhan. "Dans son autobiographie intitulée d'ailleurs "Le Petit Juge", en 1987, il avoue que le jour où il 'inculpe', - c'était le terme à l'époque -, Christine Villemin, à savoir le 5 juillet 1985, il éclate en sanglots. Voilà ce qu'il écrit : 'un juge chialant comme un môme, le point d'orgue de la solitude du juge d'instruction'. Bref, je dirais solitude et fragilité", conclut le journaliste.

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Le juge Jean-Michel Lambert pose devant les journalistes, le 1er septembre 2014, au Mans (Sarthe). 
Le juge Jean-Michel Lambert pose devant les journalistes, le 1er septembre 2014, au Mans (Sarthe).  (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)