Accident de car en Suisse : "Un grand choc, puis les fauteuils se sont envolés"

Au lendemain du drame qui, en Suisse, a tué 28 Belges, dont 22 enfants, les rescapés et les secouristes témoignent de la violence de la collision.

Près de l\'école de Sint Lambertus, à Heverlee (Belgique), d\'où sont originaires une partie des victimes.
Près de l'école de Sint Lambertus, à Heverlee (Belgique), d'où sont originaires une partie des victimes. (REUTERS/YVES HERMAN)

"Il faisait noir, j'ai entendu un grand choc. Tous les fauteuils se sont envolés, je me suis retrouvée coincée entre deux fauteuils." Ce sont les mots d'une survivante de 12 ans pour décrire le drame à son père, dans une brève conversation rapportée par LeSoir.be. Elle sort blessée (deux jambes et un bras cassés) du terrible accident de car qui a tué 22 enfants et 6 adultes, mardi soir en Suisse.

Une des premières personnes à avoir vu le véhicule encastré dans le mur au milieu du tunnel de Sierre est une conductrice qui partait rejoindre son travail de veilleuse de nuit. "J’ai pensé que cela venait d’arriver car j’ai vu des feuilles voler et le car a commencé à fumer, raconte-t-elle au Nouvelliste, le quotidien du canton du Valais. Il n’y avait encore personne, ni policier, ni pompier. Je me suis rendu compte que je ne pourrais rien faire seule et j’ai appelé les secours." Elle décrit "des images atroces, dignes d’un film d’horreur". "Je revois encore tous ces visages qui me regardaient, je ne sais pas s’ils étaient morts ou vivants. C’était horrible", raconte-t-elle encore.

La violence de l'accident a même ébranlé les équipes de secours, immédiatement contactés par la conductrice. Quelque 200 personnes ont travaillé toute la nuit pour désincarcérer les victimes : 60 pompiers, 15 médecins, 100 secouristes, 3 psychologues... "C'est vraiment une vision à laquelle on n'est pas habitués. Ça fait vingt ans que je travaille mais ça dépassait tout ce qui est imaginable", raconte Alain Rittemer, l'un des chefs secouristes, sur RTL-TVI.

Des secouristes très éprouvés

Alain Rittemer était parmi les premiers arrivés, mais ne préfère pas s'avancer sur les causes de l'accident : "La seule chose qui nous a tenu à cœur, c'était de dégager ces enfants qui criaient. On a commencé par dégager l'arrière du bus, les personnes les plus valides", explique-t-il. Enfin, il confirme que cette opération de sauvetage a été extrêmement éprouvante pour ses collègues : "On évacuait au fur et à mesure les sauveteurs qui présentaient les premiers signes de 'burn out'."

Claude Peter, un autre secouriste, raconte au Matin.ch leur silence une fois extirpés du car : "Sur place, il n’y avait même plus de cris d’enfants. Dans ces situations, ils sont muets, tellement ils sont sous le choc. (...) Il y avait des jambes dans un sale état. Cela a été très éprouvant pour les hommes de voir tous ces membres écrasés suite à l’impact."

Pour les proches, une longue attente

A Lommel et Heverlee, les communes de Flandre d'où sont originaires les victimes, parents, élèves et enseignants sont accablés par la nouvelle.

France 2 / FTVi

"C’est la pire chose qui puisse arriver à un directeur d’école. C’est indescriptible. Il n’y a pas de mot", raconte le directeur de l'école primaire Sint-Lambertus d'Heverlee, interrogé sur RTL, qui ajoute que 24 élèves et 2 accompagnateurs de l'école étaient présents dans le car. "Nous savons qu’un certain nombre d’entre eux vont bien, mais on ne nous a encore donné aucun nom." 

A Lommel aussi, les proches des élèves de l'école 't Stekske doutent et attendent. "Cinq enfants ont, depuis, été en contact avec leurs parents. Parmi les dix-sept autres enfants, nous n'avons pas plus d'informations", a déclaré Kris Verduyckt, premier échevin (adjoint au maire) de Lommel. Le ministère de la Défense belge a mis à la disposition des familles au moins deux avions pour rejoindre les victimes en Suisse. 

Le maire de la ville suisse de Sierre, où a eu lieu l'accident, a également fait part de l'état de choc de la population et de ses condoléances aux familles des victimes.

FTVi