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Accident de car en Suisse : la presse belge en deuil

Les quotidiens wallons et flamands consacrent des éditions spéciales, jeudi, à l'accident d'autocar qui a coûté la vie à 28 personnes venues de Belgique dont 22 enfants, la veille en Suisse.

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France Télévisions
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Une femme lit l'édition spéciale d'un journal flamand à Heverlee (Belgique), le 14 mars 2012, après la mort de 28 personnes dont 22 enfants dans un accident de car en Suisse. (CHRISTOPHE KETELS / BELGA)

"La Belgique pleure ses enfants", témoigne en une La Dernière Heure, dont le logo est barré d’un brassard noir en signe de deuil. A l'instar du quotidien, la presse belge fait écho, jeudi 15 mars, à la douleur qui touche tout le royaume, au lendemain de l'accident de car belge qui a coûté la vie à 28 personnes, dont 22 élèves d'une douzaine d'années de retour d'une classe de neige, dans le tunnel de Sierre, en Suisse.

• L'angoisse et la douleur des parents partagées

"Etat de choc" titre Le Soir dont la une, entièrement noire, ne présente que deux photos : des familles en pleurs et des secours à l’entrée d’un tunnel meurtrier. 

L'éditorialiste en chef du grand quotidien belge relève les messages joyeux laissés par les élèves sur le blog de leurs vacances aux sports d’hiver et souligne que "ces messages, nous les avons tous un jour attendus, anxieusement, après avoir vu nos enfants monter dans un car ou un train pour leur beau voyage"

Et Béatrice Delvaux d’ajouter : "Nous l'avons tellement crainte, cette annonce faite au cœur de la nuit aux parents des 22 enfants morts, que leur détresse est devenue la nôtre hier instantanément."

• Un "deuil national"

L’Avenir, lui aussi, propose une édition spéciale. Le journal de Namur clame en une "Deuil national", surmonté de : "Les mots nous manquent…""Les visages en pleurs devant les écoles nous ont renvoyés à nos propres appréhensions d'une façon crue et violente. Hier, nous étions tous parents de ces petites victimes dont la vie a été brisée dans un tunnel suisse", écrit Thierry Dupiéreux, son rédacteur en chef.

"Deuil national", c'est également le titre retenu par La Libre Belgique. Jean-Claude Matgen parle lui aussi dans son éditorial des angoisses des parents d'enfants partant en classes de neige et du soulagement de les voir revenir sains et saufs. "Mardi, dans un tunnel valaisan, le destin a frappé de jeunes écoliers qui venaient de passer ensemble un séjour sans nuages et des parents tout attendris à l'idée de les revoir mercredi."

• "L'impuissance" face au drame

Dans les journaux flamands, l'incrédulité domine. De Morgen s'ouvre sur une page blanche avec une chronique de Hugo Camps qui constate : "L'extrême impuissance de l'ignorance. Il n'y a effectivement pas de mots pour ça. En ce mercredi noir, plus rien n'avait d'importance. Des rêves et des ambitions rangés dans 22 petits cercueils. On préférerait ne pas y être."

Het Nieuwsblad ouvre son édition par "un chagrin incommensurable" et publie les photos des 28 morts et 24 blessés en première page. "Les classes de neige ne sont pas censées se terminer comme cela. (...) Mais parfois le destin frappe. Parfois, il n'y a plus personne sur qui rejeter la faute, parfois il ne reste plus que l'impuissance", souligne la rédactrice en chef de la cellule politique, Liesbeth Van Impe, dans son éditorial.

• La pudeur des Belges confrontés à leur "pire cauchemar"

Le quotidien néerlandophone De Standaard  légende : "Sierre, 13 mars 2012 – 28 morts, 24 blessés" sous une photo de l'entrée du tunnel où s'est produit l'accident. Le rédacteur en chef, Bart Sturtewagen, parle en page 2 du "pire cauchemar" des Belges, "touchés où nous sommes les plus vulnérables : nos enfants."

La Gazet van Antwerpen, journal anversois, publie en une un dessin d'enfant souhaitant "un prompt rétablissement" aux blessés. Paul Geudens, l'éditorialiste, constate que tout le pays est sous le choc. "Ce sont des moments de tristesse immense, mais également de solidarité, de réflexion et des moments où l'on relativise."

Het Belang van Limburg publie un message de condoléances aux familles des victimes en première page. Le journal ne contient pas de publicité, par respect pour les familles.

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