Collision mortelle de Millas : ce qu'il faut retenir de la conférence de presse du procureur

Le procureur de Marseille a annoncé que les constatations matérielles allaient "majoritairement dans le sens de barrières fermées" au moment du choc. 

Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances de la collision mortelle, jeudi 14 décembre, entre un train express régional (TER) et un bus scolaire sur le passage à niveau de Millas, dans les Pyrénées-Orientales.
Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances de la collision mortelle, jeudi 14 décembre, entre un train express régional (TER) et un bus scolaire sur le passage à niveau de Millas, dans les Pyrénées-Orientales. (PASCAL PAVANI / AFP)

L'enquête sur la collision mortelle entre un car scolaire et un TER à Millas (Pyrénées-Orientales), survenue jeudi 14 décembre, s'accélère. Mardi 19 décembre, une reconstitution a été organisée pour évaluer le champ de vision de la conductrice du car et le procureur de Marseille Xavier Tarabeux a fait un point à Perpignan sur l'état des investigations. 

>> DIRECT. Collision mortelle de Millas : la conductrice de l'autocar a de nouveau été placée en garde à vue, annonce le procureur

Pour savoir si l'accident est le résultat d'une défaillance technique ou d'une erreur humaine, les enquêteurs recoupent le plus d'informations possible, afin de déterminer si les barrières du passage à niveau étaient ouvertes ou fermées au passage de l'autocar. Six collégiens ont été tués dans la collision et le pronostic vital de cinq enfants est toujours engagé.   

Franceinfo fait le point sur l'avancement de l'enquête. 

La conductrice du car de nouveau placée en garde à vue

Grièvement blessée, la conductrice du bus n'avait été que brièvement entendue par les enquêteurs au lendemain de l'accident. Elle a de nouveau été placée en garde à vue mardi après-midi, dans le cadre d'une enquête pour "homicides et blessures involontaires".

"Là, on reprend la mesure de garde à vue pour à nouveau l'interroger. Compte tenu de son état, on espère que nous pourrons y procéder, car il importe que nous recueillions encore plus d'éléments que ce que nous avions en première audition", a expliqué le procureur de Marseille.

Les témoignages indiquent majoritairement des barrières fermées

Dans le cadre de l'enquête, plus d'une centaine de témoignages ont déjà été recueillis. Ceux-ci vont "majoritairement dans le sens de barrières fermées", a annoncé Xavier Tarabeux. Etaient-elles ouvertes au moment du choc, ou le bus a-t-il forcé le passage ? Il s'agit de la question centrale de cette enquête, dont la réponse permettra d'éclaircir les causes du drame. Les témoignages de personnes qui circulaient sur l'autre voie ont aussi été recueillis, et ils indiquent eux aussi que la barrière était fermée, a ajouté le procureur. 

Cependant, le procureur de Marseille a fait état de témoignages divergents, "notamment de certains enfants". "Il y a des témoignages qui sont plus immédiats, recueillis juste après la survenance de l'accident, qui bien évidemment peuvent être différents de témoignages recueillis après", a précisé le magistrat. Il préconise donc la prudence quant aux témoignages et s'attache, dans l'enquête, davantage aux constatations techniques et matérielles. 

Des traces sur le bus au niveau des barrières

Les "constatations matérielles" vont "plutôt dans le sens d'une barrière fermée", a indiqué le procureur. "On relève sur le bas du bus, à hauteur pratiquement de la barrière [du passage à niveau], des traces", a ajouté le magistrat. 

Pour autant, impossible pour l'heure de déterminer la "cause exacte" de la collision mortelle de Millas. "Il faut bien évidemment qu'on analyse si ces traces proviennent de la barrière, si on relève des éléments qui permettent de le démontrer, étant observé là aussi qu'il sera sans doute difficile d'en tirer des conclusions", car "on peut imaginer bien sûr que la barrière est en elle-même très dégradée avec la violence du choc", selon lui.

Ces "traces figurent en dessous du phare, sur l'avant droit de ce bus", a-t-il précisé. "Nous avons constaté cela, pour autant nous n'avons pas pu entendre la conductrice sur ce point pour savoir s'il s'agit de traces qui procèdent d'un autre accrochage", a-t-il poursuivi.

De nouvelles expertises sur le dispositif des barrières attendues

Selon les premiers éléments de l'enquête, l'armoire électrique commandant le passage à niveau ne présentait pas de défaillance technique. Le procureur de Marseille explique que "l'ensemble du matériel" du passage à niveau a été saisi pour de nouvelles expertises, notamment pour vérifier que la sonnerie et les feux du passage à niveau fonctionnaient. Les expertises réalisées jusqu'ici concluent que le dispositif fonctionnait, mais le moteur du passage à niveau n'a pas pu être testé.