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Accident de car en Suisse : que disent les premiers éléments de l'enquête ?

Zoom sur l'accident de l'autocar belge qui a fait 28 morts et 24 blessés mardi soir : quelles sont les zones d'ombre et les pistes envisagées par les enquêteurs ? Eléments de réponse.

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France Télévisions
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Les pompiers ont dû désincarcérer les corps des victimes de l'accident de car survenu à Sierre, dans le canton du Valais (Suisse), le 14 mars 2012. (POLICE CANTONALE VALAIS / AFP)

Jamais la Suisse n'avait connu un tel drame sur ses routes. Vingt-huit personnes, dont 22 enfants, ont trouvé la mort mardi 13 mars au soir dans le terrible accident d'un autocar belge survenu à Sierre, dans le canton du Valais (sud de la Suisse). En outre, 24 enfants ont été blessés. Trois d'entre eux sont dans "un état sérieux" et sont hospitalisés à l'hôpital universitaire de Lausanne, a déclaré mercredi le médecin-chef urgentiste du canton. Leur état est "inquiétant", a-t-il ajouté, indiquant lors d'une conférence de presse à Sion "qu'ils sont plus gravement touchés que les autres, avec des lésions potentiellement graves"

Le car venait de quitter une station de ski du Val d'Anniviers, à moins de 10 kilomètres en amont, quand il a percuté une paroi au milieu du tunnel autoroutier à la sortie de Sierre. Il a dévié de sa trajectoire pour une raison qui demeure inconnue et a heurté la bordure droite de la chaussée avant de percuter frontalement un mur de béton situé à l'extrémité d'une place de secours. Les circonstances précises du drame restent floues, mais tout le monde s'accorde sur la violence du choc. Quelles sont les zones d'ombre et les pistes envisagées par les enquêteurs ? Eléments de réponse.

• Le car roulait-il trop vite ?

D'après le quotidien belge Le Soir, le car "roulait visiblement à grande vitesse sur un tronçon doté de tunnels où la vitesse est normalement limitée". Ce qui expliquerait l'extrême violence du choc. Mais cette version a été démentie par le procureur suisse Olivier Elsig mercredi après-midi : l'autocar ne roulait pas trop vite, selon les premières constatations. 

• Le tunnel est-il dangereux ?

Le lieu de l'accident n'est "absolument pas" dangereux, selon le président du gouvernement du canton de Valais, Jacques Melly, interrogé par France Info"C'est à deux kilomètres après l'entrée de l'autoroute. (...) Ce n'est pas une artère très fréquentée, surtout un mardi soir à 21h15." Et le commandant de la police cantonale valaisanne assure que "le tunnel est sûr", en s'appuyant sur des statistiques.

Mais selon des médias belges, le bus aurait pris un large virage à droite et aurait touché avec le pneu droit le mur du tunnel au début d'une zone d'évitement (ou niche d'urgence). Un expert allemand, spécialiste des accidents auprès de l’Association internationale des bus touristiques, le drame aurait pu avoir des conséquences moins graves si le tunnel avait été pourvu de rails de sécurité, comme le rapporte la RTBF

• Un problème technique ?

L'autocar a-t-il eu une défaillance ? Un problème technique est-il à l'origine du drame ? L'enquête le déterminera. La société Toptours, à qui appartient le car accidenté, est "une entreprise qui a une excellente réputation dans le secteur routier", explique le secrétaire d’Etat belge à la Mobilité, Melchior Wathelet, cité par Le Soir. Le procureur Olivier Elsig précise que l'autocar était "neuf ou presque". Selon le secrétaire d'Etat, il datait de 2002. Reste à voir la qualité de l'entretien de l'autocar, qui devra être déterminée par les enquêteurs.

• Une défaillance humaine ou un problème de santé du chauffeur ?

Les deux conducteurs "étaient arrivés la veille et ont passé la journée sur place avant de prendre la route. Il semble donc bien que la législation sur les temps de conduite ait été respectée", affirme Melchior Wathelet. "L'autopsie du chauffeur, qui est décédé dans l'accident, est en cours", a indiqué le procureur. Pour les enquêteurs, la piste d'un problème de santé du chauffeur ou d'une défaillance humaine (sommeil, alcool, mauvais réflexe…) fait partie des hypothèses envisagées, même si "aucune piste ne prévaut".

• Le port de la ceinture ?

Le car, récent, était équipé de ceintures de sécurité, selon Le Soir. Et "les enfants étaient attachés avec leur ceinture. Mais la violence du choc a été trop forte pour qu'ils soient épargnés", a indiqué le procureur. 

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