À Marseille, les pompiers sont dans une "une course contre la montre" pour trouver des survivants après l'effondrement d'immeubles

Jérôme Bonnafoux, colonel des sapeurs-pompiers de l'Hérault, est revenu, mardi pour franceinfo, sur les conditions de travail et l'organisation des secours après l'effondrement de bâtiments dans le centre-ville de Marseille (Bouches-du-Rhône).

Des pompiers effectuent des recherches sous les gravats à Marseille (Bouches-du-Rhône), le 5 novembre 2018.
Des pompiers effectuent des recherches sous les gravats à Marseille (Bouches-du-Rhône), le 5 novembre 2018. (AFP)

"Les équipes ont travaillé toute la nuit." Au lendemain de l'effondrement de trois immeubles à Marseille, le colonel des sapeurs-pompiers de l'Hérault, Jérôme Bonnafoux, a expliqué, mardi 6 novembre sur franceinfo, que les secours doivent travailler dans l'urgence, car "au-delà de trois ou quatre jours, cela commence à être difficile" pour trouver d'éventuels survivants.

>>> Suivre notre direct sur l'effondrement d'immeubles à Marseille

Selon le procureur de la République de Marseille, "5 à 8 victimes" pourraient être ensevelies sous les gravats.

franceinfo : Comment travaille-t-on dans ces conditions ?

Jérôme Bonnafoux : Sur ce type d'intervention, lorsque l'alerte est donnée, un premier détachement arrive et va faire une analyse, une reconnaissance de l'intervention. Comme s'il y avait eu un tremblement de terre, on engage une unité de sauvetage et de déblaiement. Ce sont des spécialistes formés pour rechercher des victimes qui sont sous les décombres. La difficulté, c'est que c'est un tas de gravats. C'est une course contre la montre, contre le temps. D'abord, il faut sécuriser les sapeurs-pompiers qui interviennent et on essaie de trouver les victimes.

Comment procédez-vous ?

Une démarche est faite auprès du voisinage par la police pour essayer de recenser le nombre de personnes. Ensuite, on va voir s'il y a la possibilité de découvrir des victimes dites "en surface", puis celles enfouies sous les décombres. Elles peuvent être conscientes ou inconscientes. Il y a des équipes cynophiles avec des chiens spécialisés. Ensuite, petit à petit, on va commencer à localiser les victimes avec des vibraphones et on va commencer à dégager les gravats.

Pendant combien de temps peut-on espérer trouver des survivants ?

C'est compliqué. Sur des tremblements de terre, on a réussi à trouver des victimes presque dix jours après. La difficulté, c'est que le corps humain a besoin d'eau, mais après, il se surpasse. Au-delà de trois ou quatre jours, cela commence à être difficile. C'est vraiment une course contre la montre, c'est pour cela que les équipes ont travaillé toute la nuit. Des sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône, du Var et du Vaucluse ont été appelés en renfort. Il y a ce que l'on appelle l'état-major de zone qui a mobilisé [lundi] tous les spécialistes pour qu'on puisse intervenir le plus rapidement possible afin de sauver des victimes qui sont potentiellement sauvables.