Reportage Résultats des législatives 2022 : "Il faut se bouger, c'est très important", lancent les électeurs toulousains, inquiets par l'abstention

Près de deux mois après la victoire d’Emmanuel Macron et sa réélection à l'Elysée, plus d’un Français sur deux a préféré boudé les urnes. À Toulouse, certains s'en préoccupent, tandis que d'autres s'en émeuvent à peine.

Article rédigé par
Édité par Pauline Pennanec'h - Hugo Charpentier
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Un électeur dans l'isoloir d'un bureau de vote, le 12 juin 2022 dans le Cher. Photo d'illustration. (PIERRICK DELOBELLE / MAXPPP)

"Honnêtement, désintérêt complet pour les législatives." D'habitude, Thibault et sa compagne font l'effort de se déplacer jusqu'à leur bureau de vote. Mais cette fois, ce jeune clerc de notaire de 27 ans n'était pas très emballé. "On ne s'est pas assez intéressés aux programmes, admet-il, et puis on a tendance à se dire que de toute façon, ce sera à peu près la même rengaine que pour la présidentielle. Je pense qu'on verra ce que ça donnera en fonction du second tour."

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Le niveau de l’abstention pour des élections législatives a atteint dimanche 12 juin un record sous la Ve République : 52,3% des inscrits ne se sont pas déplacés dans leurs bureaux de votes à l'échelle nationale, selon une nouvelle estimation Ipsos/Sopra Steria pour France Télévisions, Radio France, France24/RFI/MCD et LCP Assemblée Nationale. 

L'agenda électoral, trop resserré, provoque de la lassitude selon Thibault. "En deux mois, j'estime que ça laisse peu de temps pour se refaire une idée et se reconcentrer sur les élections législatives, regrette-t-il, surtout en période estivale où on a plein d'autres idées, d'autres envies plutôt que de se retrouver enfermé dans un bureau de vote à voter."

Ne pas aller voter, "un problème"

Ces propos, Corinne n'arrive pas à les entendre, ni à les comprendre. "Ça m'inquiète un peu je trouve ça très dommage, lâche l'habitante qui vote sans faute à chaque scrutin. Il y a quand même des gens qui se sont battus pour ça, et aujourd'hui, le fait de ne pas aller voter, c'est vraiment un problème. Et que les jeunes ne se déplacent pas... J'ai essayé de booster mon fils pour qu'il se lève, pour qu'il aille voter. Il l'a fait, il n'a pas le choix."

Cette femme d'une cinquantaine d'années reproche aussi aux leader politiques ainsi qu'aux médias de ne pas avoir été à la hauteur lors de cette campagne. "Je trouve que les thèmes n'ont pas vraiment été abordés, explique-t-elle. Dans le détail, on ne sait pas qui propose quoi, il faut lire les professions de foi qu'on a une semaine avant dans les boites aux lettres."

"On a parlé des personnes, on a parlé des candidats, on n'a pas vraiment parlé des programmes et c'est un vrai problème."

Corinne, Toulousaine

à franceinfo

Une abstention record, une campagne atone : la démocratie est-elle en danger ? "Je crois qu'elle va mal", répond Jean-Michel, le président d'un bureau de vote. Sans se faire d'illusions, il espère quand même un sursaut citoyen dimanche pour le second tour. "Effectivement, il faut que les gens se mobilisent dans la semaine, espère-t-il. Peut-être que c'est à chacun d'entre-nous aussi de dire autour de nous, dans le cadre professionnel, amical, familial : 'Attention il y a un vote dimanche, il faut y aller.' Il faut se bouger, c'est très important." Il reste six jours seulement pour tenter de mobiliser un peu plus de la moitié des Français.

À Toulouse, Hugo Charpentier a rencontré des abstentionnistes assumés et des électeurs très inquiets
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