Quatre choses à savoir sur la candidature d'Alexandre Jardin à la présidentielle

L'écrivain et cinéaste sillonne la France depuis trois ans avec son mouvement citoyen Bleu blanc zèbre.

L\'écrivain Alexandre Jardin le 20 avril 2015 à Paris. 
L'écrivain Alexandre Jardin le 20 avril 2015 à Paris.  (JOEL SAGET / AFP)

Vous le connaissez sans doute pour ses romans, Le Zèbre ou Fanfan. Mais Alexandre Jardin est aussi un militant de longue date. L'écrivain et cinéaste, fondateur du mouvement politique La Maison des citoyens, a annoncé, samedi 3 décembre sur franceinfo, qu'il allait se présenter à la présidentielle de 2017. Voici ce qu'il faut retenir de sa candidature.

Son credo :  "Redonner du pouvoir aux gens"

Le mouvement La Maison des citoyens a été créé fin novembre. "On a lancé ça il y a quelques jours. Cette mobilisation sans précédent est absolument incroyable car elle vient d'en bas. Elle n'a pas été portée par de la com', elle a été portée par les gens pour leur donner du pouvoir", a expliqué Alexandre Jardin sur franceinfo. Selon l'écrivain, ce mouvement constitue "une révolte de gens bienveillants" qui doit permettre au peuple d'exprimer son hostilité au "système" sans se faire canaliser "par les extrêmes", et notamment le Front national.

Alexandre Jardin, dont le grand-père a été collaborateur dans le cabinet de Pierre Laval à Vichy, ne peut supporter de voir l'extrême droite gagner continuellement des voix et se rapprocher dangereusement de la fonction suprême. Il le confiait récemment au Monde

Dans mon crâne, il y a cette obsession : la famille politique de mon grand-père, tous ces gens fondamentalement antifrançais car hostiles à l’universalisme qui fait la grandeur de notre culture, ne doivent pas approcher du pouvoir.Alexandre JardinLe Monde

L'auteur reste convaincu de pouvoir inverser la tendance. "Il faut qu'il y ait une révolte positive avant qu'un jour il y en ait une négative", expliquait-il à Paris Match

Son histoire : un engagement citoyen de longue date

L'ancien élève de l'Ecole alsacienne, qui a reçu le prix Femina en 1988 pour son livre Le Zèbre, s'est lancé dans des initiatives citoyennes dès les années 2000. En 1999, il fonde l'association Lire et faire lire, qui fait entrer des milliers de retraités dans les écoles maternelles et primaires. En 2002, il poursuit son engagement associatif avec la création de l'association Mille mots, qui fait intervenir des bénévoles en prison. Puis ce sont les Pompiers juniors, "afin de transformer les caïds des quartiers en pompiers de leur collège", comme il l'explique dans L'Express.

Ces acteurs de la société civile, ces gens "d'en bas", Alexandre Jardin les appelle "les faiseux", en opposition avec "les diseux" du sommet de l'Etat, qui parlent mais ne font rien. Dans ce sillage, il créé voici trois ans son mouvement citoyen, Bleu blanc zèbre, et entame un tour de France pour recenser les dispositifs et politiques locales méconnues, mais "qui fonctionnent".

Il assure que son mouvement compte déjà plus d'un million de sympathisants.

On est en train de changer complètement d'époque. Les maisons du citoyen se sont montés sans média, il y a aujourd'hui 1,2 million de personnes sur nos réseaux. C'est venu de la base, c'est venu des territoires !Alexandre Jardinsur franceinfo

Et d'ajouter  : "Nous sommes absolument convaincus qu'il faut repartir des territoires. Si vous continuez à avoir des politiques pour l'emploi décidées dans des bureaux hors-sol à Paris, vous n'êtes pas au contact de la réalité."

Sa ligne politique : ni droite ni gauche ?

Alexandre Jardin se dit apolitique. Selon lui, le clivage "faiseux-diseux" est plus pertinent que celui de "gauche-droite". "Qui désespère les Français ? La gauche ? La droite ? Non, l’acrimonie de la rue s’adresse en vérité à ceux qui à gauche et à droite incarnent l’impuissance, pas aux autres !", écrit-il dans L'Opinion.

Pour autant, sa ligne politique "penche tout de même plutôt du côté de la droite libérale", écrit Slate, qui rappelle que le président de l’association Bleu blanc zèbre n'est autre que Guillaume Villemot, adjoint à l'ancien maire (Les Républicains) d’Asnières, Manuel Aeschlimann. Le délégué général, Aurélien Sallé, est quant à lui un ancien "mini-Colbert" — surnom donné par Alexandre Jardin aux "diseux" de la haute administration — du cabinet de l'ancien secrétaire d’Etat au Commerce de François Fillon, Hervé Novelli.

Dernièrement, Alexandre Jardin s'était rapproché du mouvement social-libéral En Marche ! d'Emmanuel Macron. Mais l'écrivain a pris ses distances avec l'ancien ministre de l'Economie, lui reprochant de parler, mais "de ne pas faire".

Ses réseaux : les maires ruraux de France 

Interrogé sur sa capacité à obtenir les 500 parrainages d'élus nécessaires pour se présenter à la présidentielle, Alexandre Jardin explique qu'aller chercher ces parrainages sera "une œuvre commune".

Ce sont les citoyens qui vont aller voir leur maire !Alexandre Jardinsur franceinfo

L'auteur de L'Ile des gauchers ne devrait en effet pas avoir de mal à recueillir le soutien de l'Association des maire ruraux de France, dont une cinquantaine de représentants l'avait escorté sur le plateau du "Grand journal" de Canal+ en avril 2015. Plusieurs élus de grandes villes le soutiennent également, à commencer par la maire PS de Paris, Anne Hidalgo, et le maire (Les Républicains) de Bordeaux, Alain Juppé, présents lors du lancement du mouvement Bleu blanc zèbre en mai 2014.