La Primaire populaire "assume une certaine forme de rapport de force avec les partis politiques"

La Primaire populaire, une initiative qui plaide pour une candidature commune à gauche à la présidentielle, revendique plus de 400 000 votants. 

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Radio France
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Mathilde Imer, porte-parole de la Primaire populaire lors d'une conférence de presse le 15 janvier 2022. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Après la publication de cet article, la primaire populaire a souhaité préciser son propos indiquant ne pas soutenir les élus qui bloquent leurs parrainages mais ceux qui suspendent leurs parrainages. Le titre de l'article a donc été changé.


La primaire populaire revendique plus de 400 000 inscrits dimanche 23 janvier. Ils pourront voter entre le jeudi 27 et le dimanche 30 janvier pour désigner, parmi sept personnalités de gauche, celle qui sera soutenue pour la présidentielle. "Ça peut changer la donne pour une élection présidentielle en 2022", estime Mathilde Imer, une des porte-paroles de cette primaire qui ne fait plus rêver les militants de certains partis. Mathilde Imer indique "assumer un rapport de force avec les partis politiques".

franceinfo : Voulez-vous empêcher Anne Hidalgo, Jean-Luc Mélenchon ou Yannick Jadot d'avoir leurs 500 parrainages ?

Nos adversaires politiques aujourd'hui, ce n'est ni Anne Hidalgo, ni Yannick Jadot, ni Jean-Luc Mélenchon, ni aucun de ceux qui portent l'écologie et la justice sociale. C'est aujoud'hui, la droite et l'extrême droite.

En revanche, la primaire populaire assume une certaine forme de rapport de force avec les partis politiques, en soutenant une initiative qui s'appelle "Le serment de Romainville". Elle est initiée par des élus qui, comme 85% des citoyens électeurs de gauche et de l'écologie, veulent le rassemblement et disent qu'ils ne parraineront aucun des candidats en lice tant que les conditions du rassemblement ne sont pas réunies. Cela veut dire qu'on [ne] bloque [pas] les parrainages, [mais] qu'on les suspend.

Le rassemblement est une des conditions pour réussir à gagner. Les candidats eux mêmes le reconnaissent, sauf que chacun d'entre eux aujourd'hui, dit : "le rassemblement, oui, mais derrière moi". On voit bien que ça ne marche pas. Ça nous mène droit dans le mur. 

Vous avez encore l'espoir que les autres candidats de gauche se rangent derrière le gagnant ?

Bien sûr ! On sait que les acteurs politiques regardent les sondages, et qu'un tel vote où on a plus d'inscrits que la primaire LR, aura un impact. Quand on regarde ce qui se passe à l'international, on voit que ça fonctionne. Quel est le risque qu'on prend ? Au pire, ça marche.

Aujourd'hui, il y a beaucoup de rumeurs comme quoi on serait la rampe de lancement de Christiane Taubira. Mais je rappelle qu'il y a des mois, on nous voyait comme une bande de jeunes pour le climat, parce que la présidente de l'association qui pilote la primaire populaire vient du mouvement écolo. Ensuite, on nous a dit qu'on était pro-Mélenchon, parce que le socle commun qu'on a écrit serait trop radical et que le responsable de la mobilisation a fait la campagne de Jean-Luc Mélenchon en 2017. Ensuite, on nous a dit qu'on était les sauveurs de la candidature d'Anne Hidalgo. Aujourd'hui, on serait pro-Taubira. Nous, on continue notre chemin et on poussera jusqu'au bout une possibilité de victoire pour cette élection en 2022.

Cette primaire n'arrive-t-elle pas trop tard ?

On a pendant longtemps dit à tous les candidats qu'on a rencontré que s'ils trouvaient un autre chemin qui mène au rassemblement, on les applaudit des deux mains et on fait campagne avec eux. La réalité aujourd'hui, c'est qu'il n'y a plus de leadership entre le PS, LFI, et EELV, ils n'y arrivent pas seuls. Ils ont refusé une primaire classique, on a donc innové avec cette investiture populaire.

Il reste encore de longs mois avant l'élection présidentielle et qu'on sait que beaucoup de gens aujourd'hui sont encore loin du scrutin, notamment à cause du Covid-19. Beaucoup de choses peuvent encore changer. Un électeur sur deux n'a pas fait son choix. Il y a 35% des électeurs dits de gauche et de l'écologie qui disent vouloir s'abstenir. On pense qu'aujourd'hui, un vote qui réunit plus de 400 000 citoyens et citoyennes, ça peut changer la donne pour une élection présidentielle en 2022.

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