Présidentielle : "Les marchés sont en liesse" et "saluent déjà la très probable élection d'Emmanuel Macron"

La présence d'Emmanuel Macron à la tête du premier tour de l'élection présidentielle dimanche a rassuré les marchés financiers qui "sont en liesse" selon Jean-Paul Pollin, économiste invité de francienfo lundi. 

Emmanuel Macron, le 23 avril 2017 au Parc des Expositions à Paris.
Emmanuel Macron, le 23 avril 2017 au Parc des Expositions à Paris. (CITIZENSIDE/FRANCOIS PAULETTO / CITIZENSIDE)

Jean-Paul Pollin, professeur d'économie à l'Université d'Orléans et membre du Cercle des économistes était l'invité de franceinfo lundi 24 avril. Au lendemain du premier tour de l'élection présidentielle, qui a vu se qualifier pour le second Emmanuel Macron (23.86%) et Marine Le Pen (21.43%), "les marchés sont en liesse et les banques saluent déjà la très probable élection" du candidat En Marche! a détaillé le chercheur. 

franceinfo : Lundi matin, les valeurs bancaires ont bondi de 8% à la bourse de Paris. Emmanuel Macron est-il le candidat des marchés ?

Jean-Paul Pollin : Cela y ressemble ! Non seulement la bourse se tient bien, mais la Société générale a gagné jusqu'à 10%, et la BNP 9%. Les marchés sont en liesse et les banques saluent déjà la très probable élection d'Emmanuel Macron, ce qui peut donner du grain à moudre pour Marine Le Pen tellement c'est caricatural. Mais il faut bien voir que cette élection est aujourd'hui déjà largement jouée.

Que craignent les marchés dans la candidature Le Pen ?

Son programme est bizarre, pour ne pas dire plus. C'est un programme de protectionnisme, de sortie de l'euro : aucun économiste ne peut dire que ce programme a une quelconque logique. On voit bien ce que le protectionnisme donne, notamment sous Donald Trump. On a démontré depuis très longtemps que c'est très mauvais pour la communauté économique internationale et pour chaque pays considéré.

Comment expliquer le succès de ces idées ?

Ce qu'on a oublié en plus, c'est que si [le libre-échange, NDLR] est bon pour un pays, ce ne l'est pas pour l'ensemble des agents qui composent ce pays : il y a des gagnants et des perdants. Et les partis extrémistes, qui font 45% au premier tour, prospèrent sur le fait qu'on n'a pas pris garde de réaliser une redistribution qui permet aux gens de vivre ensemble.

"Les marchés sont volatiles, tout sauf rationnels, et surtout court-termistes." Jean-Paul Pollin, professeur et chercheur d'économie.
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