Fermeté, touche personnelle et critiques... Valérie Pécresse à l'épreuve de son premier grand meeting pour la présidentielle

La candidate des Républicains a réuni 7 500 militants dimanche à Paris. Sa prestation a été jugée sévèrement, y compris dans son propre camp.

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La candidate LR à l'élection présidentielle, Valérie Pécresse, lors d'un meeting au Zénith de Paris, le 13 février 2022. (ALAIN JOCARD / AFP)

C'était un rendez-vous très scruté. La candidate des Républicains (LR) à l'élection présidentielle, Valérie Pécresse, a tenu son premier grand meeting, dimanche 13 février à Paris, devant quelque 7 500 militants, alors que sa campagne, pilonnée par les candidats d'extrême droite, peine à se relancer.

L'heure était au rassemblement et tous les ténors de droite avaient fait le déplacement, sauf l'ancien président Nicolas Sarkozy, dont des propos critiques ont fuité cette semaine dans la presse, avant une rencontre aux allures d'apaisement, vendredi avec la candidate LR.

Une tentative de personnaliser sa candidature

Dans son discours de plus d'une heure, Valérie Pécresse s'est montrée très ferme sur le régalien, alors qu'Eric Zemmour a jugé samedi que la candidate LR n'était "pas de droite". "Nous sommes à la croisée des chemins" mais il n'y a "pas de fatalité, ni au 'grand remplacement' [terme d'ordinaire employé de l'extrême droite, qui craint le "remplacement" de la population française par les vagues successives de migrations] ni au grand déclassement", a affirmé Valérie Pécresse. 

Si elle n'a pas présenté de nouvelle mesure – hormis le recours au référendum d'initiative citoyenne –, elle a abordé tous les aspects de son programme : "nation éducative", défense du nucléaire, hausse de 10% des salaires... "Je veux la France en ordre car je veux la France de la concorde", a-t-elle martelé. Dans le public, des militants du collectif d'extrême droite Nemesis ont brièvement déployé une banderole "Ne vous voilez pas la face", rapidement saisie par le service d'ordre.

Pour la candidate LR, qui est régulièrement taxée d'être trop technocratique, l'enjeu était aussi d'humaniser sa candidature. C'est ce qu'elle a tenté de faire sur la fin, malgré un ton très solennel et apparaissant parfois comme surjoué durant tout son discours, en racontant son enfance de "fille de prof", son grand-père psychiatre, et en remerciant son mari Jérôme et ses enfants, dont elle s'est dite "si fière".

Une prestation critiquée de toutes parts

Sans surprise, ses opposants ont jugé sévèrement sa performance. L'extrême droite a raillé un discours où "tout tombe à plat", selon le porte-parole de Marine Le Pen, Sébastien Chenu. "Naufrage en direct", a tweeté Samuel Laffont, chargé du numérique chez Eric Zemmour. Le ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, ne s'est pas privé d'ironiser, sur CNews, sur une "actrice qui ne semblait pas dans un de ses très grands jours" avec un "long" discours qui "sonnait assez faux".

Des commentateurs de l'arène politique ont aussi trouvé l'exercice peu réussi. "Je cherche dans mes souvenirs un orateur aussi visiblement mal à l'aise à la tribune d'un meeting que Valérie Pécresse", a tweeté le journaliste Jean-Michel Aphatie.

Sous couvert d'anonymat, de nombreux ténors de la droite ont aussi regretté la performance de leur candidate, auprès de BFMTV.

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