Le ralliement de Manuel Valls à En marche ! crée un tollé au PS

Même si Manuel Valls n'a pas acté son départ du PS, nombre de figures socialistes semblent estimer qu'il ne fait plus partie de la famille.

Manuel Valls, le 7 mai 2017 à la Maison de la chimie, à Paris.
Manuel Valls, le 7 mai 2017 à la Maison de la chimie, à Paris. (EREZ LICHTFELD / SIPA)

En annonçant vouloir être candidat aux élections législatives sous la bannière La République en marche d'Emmanuel Macron, mardi 9 mai, Manuel Valls a déclenché les foudres de ses "camarades" du Parti socialiste. Tout a commencé au petit matin, sur RTL. "Je serai candidat de la majorité présidentielle", déclare l'ex-Premier ministre, qui dit vouloir "s'inscrire" dans le mouvement d'Emmanuel Macron. Une déclaration enrobée d'un mot sympathique pour le PS : "Ce Parti socialiste est mort, il est derrière nous."

L'annonce a été accueillie fraîchement du côté d'En marche !. Ses responsables ont indiqué que Manuel Valls devait soumettre sa candidature comme n'importe quel autre candidat, et qu'une candidate avait par ailleurs déjà été pré-investie sur sa circonscription de l'Essonne.

"Les choses sont claires, il n'est plus socialiste"

Mais c'est au sein de son propre parti, réuni mardi matin en bureau national, que Manuel Valls a suscité les plus vives réactions. A commencer par celle du premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, qui a jugé "impossible" d'avoir à la fois sa carte d'adhérent au PS et de briguer l'investiture de La République en marche. "Si certains veulent partir ou se singulariser, qu'ils le fassent et nous laissent travailler", a-t-il insisté.

Même si Manuel Valls n'a pas acté son départ du PS ("bien sûr qu'il est socialiste", assurent ses proches), nombre de figures du parti semblent estimer qu'il ne fait plus partie de la famille. "Il a lui-même clarifié sa situation. Les choses sont claires, il n'est plus socialiste", tranche la frondeuse Marie-Noëlle Lienemann.

"Il inspire toujours plus de dégoût"

"Tant que le PS était au sommet et lui a permis d'avoir des mandats et d'accéder à de hautes responsabilités", l'ancien Premier ministre a gardé sa place au sein du parti, observe le député des Hauts-de-Seine Alexis Bachelay, proche de Benoît Hamon. "Maintenant que nous connaissons des difficultés (...), il quitte le navire, c'est triste et pathétique."

Comme il a appelé à la mort du PS, je ne crois pas qu'il ait envie d'observer un cadavre. Je pense qu'il ne remettra plus les pieds à Solférino.Alexis Bachelaysur BFMTV

"Plus rien n’étonne de Manuel Valls. Il inspire toujours plus de dégoût sur le fait de ne jamais respecter aucun cadre collectif", tacle pour sa part Guillaume Balas, un autre proche de Benoît Hamon.

Il n’avait pas respecté celui de la primaire. Il ne respecte pas aujourd’hui celui des délibérations du Parti socialiste. C’est la fuite d’un homme.Guillaume Balassur franceinfo

Scepticisme jusque chez les proches de Valls

Même parmi les soutiens de Manuel Valls, l'attitude de l'ancien Premier ministre est jugée avec circonspection. "Ce n'est pas parce que les moments sont difficiles qu'on doit tourner le dos à sa famille politique. Je suis très déçue", avoue la secrétaire d'Etat aux Personnes âgées, Pascale Boistard. Encore plus éloquent, Luc Carvounas, ancien très proche de Manuel Valls, rompt définitivement le lien dans un tweet.

Après trois heures de réunion, le bureau national a finalement décidé… de ne pas se prononcer sur le cas Valls. "Les cas individuels n'ont pas été tranchés, indique une participante interrogée par franceinfo. Mais le premier secrétaire a été très clair. Il veut de la clarté. On ne peut pas être partout en même temps, il va donc falloir choisir."