Municipales : bilan contrasté pour le PS en Outre-mer

En Martinique, les socialistes résistent bien. La gauche souffre en revanche à la Réunion et en Guadeloupe, où le ministre Victorin Lurel perd son fief.

Victorin Lurel, quitte le palais de l\'Elysée, le 12 mars 2014.
Victorin Lurel, quitte le palais de l'Elysée, le 12 mars 2014. (ALAIN JOCARD / AFP)

Les socialistes tirent un bilan contrasté en Outre-mer après le premier tour des élections municipales, dimanche 23 mars. La gauche est en difficulté dans deux de ses bastions, la Guadeloupe et La Réunion. Les difficultés socialistes profitent à la droite traditionnelle, le Front national ayant raté son implantation dans les départements d'Outre-mer.

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En Guadeloupe, la défaite de Victorin Lurel 

L'aura du ministre PS des Outre-mer, Victorin Lurel, semble s'affaiblir en Guadeloupe où la quasi-totalité des candidats qu'il soutenait ont été battus dès le premier tour. Le ministre des Outre-mer, Victorin Lurel, perd son fief de Vieux-Habitants en Guadeloupe. L'UMP obtient 52,44% des voix au premier tour, contre 44,61 % poyur le PS. Même si ce dernier n'était que 29e sur la liste, cela ressemble à une défaite personnelle pour lui.

Dans le même temps, ses ennemies jurées Lucette Michaux-Chevry, 85 ans, et sa fille Marie-Luce Penchard, toutes deux anciennes ministres (UMP), ont remporté une victoire éclatante (56,36%) à Basse-Terre face à la liste PS. Des résultats qui confirment le fait que l'étoile de Victorin Lurel commence à pâlir dans le ciel politique guadeloupéen, où l'équation personnelle continue à l'emporter sur l'appartenance politique.

En Martinique, la gauche en souffrance

Plusieurs maires de droite sont confortablement réélus, comme Michel Fontaine, avec 57,79% des suffrages, à Saint-Pierre ou Jean-Claude Lacouture à L'Etang-Salé. Dans le même temps, les maires sortants de gauche ont souffert. Gilbert Annette et Huguette Bello sont en ballottages inconfortables à Saint-Denis et Saint-Paul, tandis que le Parti communiste réunionnais ne sort pas en tête dans son fief historique du Port. Seul le maire socialiste de Saint-Joseph, Patrick Lebreton, est réélu au premier tour.

En Martinique, les socialistes assurent

En Martinique, terre de gauche où la droite a bien du mal à exister, 26 des 34 maires de l'île ont été soit élus, soit majoritairement réélus dès le premier tour, dont ceux de Fort-de-France et du Lamentin. Cela fait trois maires élus dès le premier tour dimanche de plus qu'en 2008. Les Martiniquais semblent avoir fait le choix de la continuité.

A Fort-de-France, il s'agit d'un coup réussi pour Didier Laguerre, "jeune" candidat de 48 ans, choisi au tout dernier moment par le Parti progressiste martiniquais, parti fondé par Aimé Césaire. Au Lamentin, la commune la plus vaste de la Martinique, Pierre Samot, 79 ans, est conforté à sa place de maire, qu'il occupe depuis 1989. Il est réélu avec 51,68% des voix (5 624 voix).

En Guyane, avantage aux sortants

Dans un contexte de forte abstention (45,7%), les maires des grandes villes guyanaises sont sortis vainqueurs du premier tour ou en ballottage favorable. Le fait marquant du scrutin est la large victoire à Cayenne de la liste de gauche de Marie-Laure Phinéra-Horth, la maire en place, qui l'emporte nettement (69,7%).

A un an de l'élection de la future assemblée unique, fusion de la région et du département, ce premier tour marque un affaiblissement du mouvement de Rodolphe Alexandre (dissident du Parti socialiste guyanais (PSG), élu depuis président du conseil régional avec l'étiquette UMP). Ce dernier perd Cayenne et Saint Georges de l'Oyapock. Autre enseignement, le retour en force du Parti socialiste guyanais, qui participe à la prise de Cayenne, l'emporte à Saint-Georges, conserve Apatou et Grand-Santi.