Manifestation, refus de la cravate : les députés de La France insoumise veulent montrer leur différence

Le groupe des députés de La France insoumise a fait une entrée en fanfare, mardi, lors de sa première journée à l'Assemblée nationale.

Mathilde Panot, députée La France insoumise, lors de la manifestation contre la réforme du Code du travail, mardi 27 juin, aux Invalides à Paris.
Mathilde Panot, députée La France insoumise, lors de la manifestation contre la réforme du Code du travail, mardi 27 juin, aux Invalides à Paris. (MATTHIEU MONDOLONI / FRANCEINFO)

Les députés ont officiellement fait leur rentrée mardi 27 juin à l’Assemblée nationale. Au menu de cette première journée : l'élection du président de l'Assemblée, François de Rugy, et la constitution des groupes. Il y en a sept pour cette 15e législature. Parmi eux, celui de La France insoumise. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce nouveau groupe mené par Jean-Luc Mélenchon s'est largement fait remarquer. 

Donner de la voix à quelques heures de la première séance

À l’entrée en tambours, les 17 députés insoumis ont préféré l’entrée en fanfare. Ils ont commencé par une manifestation. Avant la première séance, ils sont allés rejoindre des milliers de personnes, rassemblées à quelques dizaines de mètres de l'Assemblée, pour protester contre la réforme du Code du travail par ordonnances. 

"On porte une parole qui est importante, un programme à l'Assemblée, mais on veut aussi avoir un lien avec les citoyens, les citoyennes, et particulièrement ceux qui se battent aujourd'hui pour que la vie s'améliore et pour dire qu'on n'est pas condamné à vivre toujours plus mal, explique Mathilde Panot, députée du Val-de-Marne. Donc, pour nous, c'est super important d'être là."

"Les sans-cravates"

Les élus sont restés près d'une heure au milieu des manifestants aux Invalides. Puis, ils ont rejoint le palais Bourbon avec leurs écharpes tricolores sur le buste mais, pour certains, sans cravate autour du cou. Là aussi un symbole, un geste qui est loin d’être anecdotique et un petit coup médiatique pour Jean-Luc Mélenchon et son groupe. 

"Il y a eu dans cette Assemblée, autrefois, des sans-culottes. Il y a dorénavant des sans-cravates !, lance le député de la quatrième circonscription des Bouches-du-RhôneMais, notre critique commence par la critique du code vestimentaire que le droit coutumier de cette étrange assemblée prétend imposer aux femmes."

Nous rejetons l'imposition des codes vestimentaires qui nous sont imposés et qui ne sont dans aucun règlement intérieur.Jean-Luc Mélenchon, député La France insoumiseà franceinfo

Ils entendent donc défendre les femmes, qui représentent désormais 38% des députés, mais aussi bousculer les habitudes, les certitudes et les usages jugés dépassés. "On n'a pas envie de rentrer dans le moule, explique Clémentine Autain, députée de La France insoumise de Seine-Saint-Denis. On a envie de représenter celles et ceux qui nous ont élus avec élégance et dignité mais aussi sans rentrer dans cet espèce de moule, de chape de plomb."

"Je suis là pour les gens de la circonscription"

Les 17 députés insoumis veulent rester eux-mêmes, à l’image de François Ruffin, élu de Picardie, qui se paiera au smic et qui est resté assis quand tous les députés se sont levés pour acclamer son voisin dans l’hémicycle, François de Rugy : "Moi, je ne suis pas là pour des histoires de qui est président de groupe, qui est président de l'Assemblée nationale, qui est président de ceci et de cela, explique le nouvel élu, césarisé pour son documentaire Merci Patron !, en février dernier. Je suis là pour les gens de ma circonscription. C'est très loin du port de cravate et c'est très loin aussi de monsieur de Rugy."

Incarner l’opposition et marquer leur différence, voilà l’objectif du groupe La France insoumise. Il espère faire entendre la voix de ses 17 députés au milieu des 560 autres. 

Rentrée en fanfare pour les députés insoumis : le reportage de Matthieu Mondoloni
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