Colombey-les-Deux-Églises, le bastion du gaullisme qui vote désormais pour le Rassemblement national

En Haute-Marne, la commune, célèbre puisque le général de Gaulle y a passé une partie de sa vie, a voté en majorité pour Jordan Bardella lors des dernières élections européennes.
Article rédigé par Farida Nouar
Radio France
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Le mémorial de Charles de Gaulle où il a été enterré, dans le village de Colombey-les-Deux-Églises, en 2021. (FRANCOIS NASCIMBENI / AFP)

84 ans après l'Appel du 18-Juin, en 1940, lancé depuis Londres par le général de Gaulle, son fief de Colombey-les-Deux-Églises a bien changé. Peut-on encore parler de bastion du gaullisme ? Aux européennes, le Rassemblement national (RN) est arrivé en tête avec 54,94% des voix pour la liste RN portée par Jordan Bardella, actuel président du parti d'extrême droite, placé comme favori pour les élections législatives anticipées.

À 79 ans, Jean-Marie a peur. Le sang de ce natif de Colombey-les-Deux-Églises ne fait qu'un tour quand on lui parle de la popularité du RN ici en Haute-Marne. "On est dans la merde", peste celui qui a connu le général de Gaulle. "J'ai peur de ce qui va se passer, ça ne va pas être beau", présage-t-il.

L'un des derniers "gardiens du temple" gaulliste

Si on lui demande une explication à la montée de l'extrême droite dans le village, Jean-Marie évoque la lente disparition des gaullistes, des "vieilles familles de Colombey, il n'y a plus personne", observe le septuagénaire. Il compte encore "quatre" foyers historiques, quatre clans défenseurs de la pensée du général de Gaulle. L'ancien président de la République qui se retournerait dans sa tombe, selon Jean-Marie, en voyant l'extrême droite remporter les suffrages à Colombey-les-Deux-Églises.

"Ça reste un bastion du gaullisme, néanmoins ça redevient aussi un village comme les autres", qui connait les mêmes préoccupations que connaît le monde rural, défend Pascal Babouot le maire de la commune (sans étiquette).

"Ici, ce qui embête le plus aux gens, c'est le manque de service à la personne : un rendez-vous chez un spécialiste, c'est compliqué."

Pascal Babouot

à franceinfo

L'édile regrette aussi une délinquance croissante, "qu'on n'avait pas avant, affirme-t-il. Les artisans se font tous voler leur camion, quasiment tous les week-ends". C'est un "sentiment d'abandon" qui domine, qui a "amené les gens à voter pour une droite plus dure". Un constat "dramatique" et "désolant", déplore le maire de Colombey-les-Deux-Églises.

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