Lancement du parti Place publique pour les élections européennes : "Je pense que ça va rebattre les cartes politiques"

Claire Nouvian, cofondatrice du mouvement politique Place publique avec Raphaël Glucksmann, a expliqué sa démarche vendredi sur franceinfo.

Claire Nouvian, cofondatrice du mouvement politique Place publique avec Raphaël Glucksmann.
Claire Nouvian, cofondatrice du mouvement politique Place publique avec Raphaël Glucksmann. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

"Je pense que ça va rebattre les cartes politiques", a déclaré vendredi 15 mars sur franceinfo Claire Nouvian, cofondatrice du mouvement politique Place publique avec Raphaël Glucksmann pour les élections européennes et présidente de l'ONG Bloom qui milite pour la conservation des écosystèmes marins. "Les individus utilisent les élections européennes pour préparer leur candidature à l'élection présidentielle mais il y a un vrai Parlement européen", a-t-elle poursuivi.

franceinfo : Pourquoi ne pas se rallier au PS au lieu de leur demander de vous rejoindre ?

Claire Nouvian : On propose à toutes les formations politiques qui partagent nos idées - les Verts, Génération.s, les socialistes etc... - de faire une liste d'union. Pourquoi ? Parce qu'il nous paraît assez insensé, sur cet espace politique et ce moment politique particulier, d'avoir d'un côté un bloc libéral identifié et cohérent et de l'autre une offre extrême droite avec un parti très formé et des objectifs très clairs et au milieu des gens d'accord sur les idées mais qui nous expliquent qu'ils vont quand même aller à la bataille des élections européennes dans un rang désuni. On s'est donc dit que ça n'avait pas de sens, que ce n'était pas responsable et donc on a lancé cette liste.

Est-ce qu'il n'y a pas un paradoxe à demander l'union tout en présentant une nouvelle liste qui, par essence, favorise cette désunion ?

On verra, c'est un pari. Je pense que ça va rebattre les cartes politiques, sincèrement, parce que nous ne sommes pas là pour faire carrière, nous sommes là pour faire mieux concernant le monde qui est marqué par des inégalités sociales inacceptables et un impératif écologique.

Imaginons que vous parveniez pas à ramener à vous d'autres listes et d'autres candidats, est-ce que vous pourriez abandonner ?

On n'a même pas imaginé que ce scénario soit possible parce qu'on pense qu'il y a plein de gens responsables sur cet espace politique mais c'est sûr que si on était sur la place publique tout seul, je pense que oui on prendrait la décision de ne pas rajouter de chaos au chaos. Si le Parti socialiste décide de se clarifier pour aller sur la ligne d'Olivier Faure - qui a eu la responsabilité morale et intellectuelle de reconnaître qu'il y avait eu des erreurs fatales, que maintenant l'heure est grave - si cette clarification est faite au sein du Parti socialiste alors tant mieux. J'espère vraiment que la ligne d'Olivier Faure va gagner.

Et que répondez-vous à Benoît Hamon ou au parti EELV qui ont déjà dit non ?

Ils peuvent changer d'avis. Je pense que là ils sont encore en train de se faire la guerre. Les individus utilisent les élections européennes pour préparer leur candidature à l'élection présidentielle mais il y a un vrai Parlement européen et l'ensemble des règlements qui sont décidés à Bruxelles, ce sont ceux-là qui impliquent notre quotidien. Donc il faut arrêter de le prendre à la légère. La politique c'est être au service d'un projet, pas de soi-même.