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Pourquoi Marine Le Pen n'aura aucun mal à obtenir ses 500 parrainages pour 2017

Les départementales ont permis au FN d'obtenir de nombreux élus locaux. Un maillage territorial qui devrait profiter à la présidente du parti d'extrême droite au moment de déposer sa candidature à la présidentielle.

Article rédigé par Louis Boy
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
La présidente du Front national, Marine Le Pen, au siège du parti, à Nanterre (Hauts-de-Seine), le 22 mars 2015. (GONZALO FUENTES / REUTERS)

Chaque fois, c'est pareil : à l'approche des présidentielles, le FN assure qu'il risque de ne pas obtenir les 500 parrainages nécessaires pour présenter son candidat à l'élection. Un rituel qui permet au parti d'extrême droite de dénoncer un système politique qui jouerait, selon lui, en sa défaveur. Mais ce ne devrait pas être le cas en 2017, grâce à la vague de nouveaux frontistes qui accéderont à un poste d'élu local après les élections départementales du dimanche 29 mars. Contacté par francetv info, Nicolas Bay, secrétaire général du Front national, se dit "tout à fait certain" que le FN sera "à l'abri de ce genre de problèmes en 2017."

Un maillage d'élus de plus en plus conséquent

Si on parle souvent des "parrainages des maires", ils représentent, en réalité, 77% des "personnes habilitées à présenter un candidat" à la présidentielle, listées par le Conseil constitutionnel, parmi lesquelles on trouve aussi de nombreux autres élus locaux, dont les conseillers départementaux. Dimanche, le FN a remporté 31 cantons : ce sont donc 62 signatures qui sont ainsi presque garanties au parti, qui n'avait jusqu'ici qu'un seul conseiller général.

Si on y ajoute les 14 maires, deux députés, et 24 députés européens FN ou apparentés, on arrive à une centaine d'élus qui seront encore en place en 2017. Nicolas Bay évoque aussi une autre source de signatures : des maires de petites communes qui ont rejoint le parti depuis les municipales. Ils seraient "des dizaines", dans "presque tous les départements", certains ayant porté les couleurs du FN lors des départementales.

Les régionales, scrutin clé pour les 500 signatures

Mais le scrutin qui devrait permettre à Marine Le Pen d'assurer sa candidature à la présidentielle de 2017 est l'élection régionale, prévue en décembre. Ce scrutin proportionnel est structurellement plus favorable à l'extrême droite. Le FN compte déjà 118 conseillers régionaux élus en 2010, malgré un score national qui s'élevait alors à 11,4% au premier tour. Nicolas Bay table sur "des centaines d'élus" en décembre : autour de 300 si le FN échouait à gagner des régions, "beaucoup plus" dans le cas contraire. Marine Le Pen vise ainsi la victoire dans quatre régions, comme elle le détaillait dimanche, dans le MondeNord-Pas-de-Calais-Picardie, Provence-Alpes-Côte-Azur, Alsace-Champagne-Ardennes-Lorraine et Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. Quatre territoires qui représentent aujourd'hui, à eux seuls, 604 conseillers régionaux.

Si le score du FN est à la hauteur de ces ambitions, il pourrait obtenir ses 500 parrainages en ne comptant que sur des élus du parti. De quoi rendre caduque la revendication de Marine Le Pen en 2012, qui souhaitait alors que les parrains puissent rester anonymes, même si Nicolas Bay assure que son parti va continuer à œuvrer dans ce sens.

Seul hic dans ce calcul : les 500 parrainages doivent provenir d'au moins 30 départements différents, avec un plafond de 50 par département. Or, les nouveaux élus du FN se répartissent dans 14 départements, essentiellement dans le Nord-Pas-de-Calais, le Vaucluse et la région Paca. "Ce n'est pas du tout un problème", estime Nicolas Bay, qui assure que, d'ici à 2017, le FN aura des élus dans "toutes les régions".

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