INFOGRAPHIES. Le FN peine toujours à mobiliser au-delà du premier tour

Dans les 1 100 cantons où il s'est maintenu au second tour, le parti lepéniste ne progresse en moyenne que de 4,5 points.

Un pupitre au siège du Front national, à Nanterre (Hauts-de-Seine), le 30 mars 2014.
Un pupitre au siège du Front national, à Nanterre (Hauts-de-Seine), le 30 mars 2014. (MAXPPP / FRANCETV INFO)

Dans l'entre-deux-tours des élections départementales, Jean-Christophe Cambadélis, le patron du Parti socialiste, avait prédit que le Front national progresserait relativement peu entre le dimanche 22 et le dimanche 29 mars, misant sur "un plafond de verre" que le parti lepéniste ne parviendrait pas à briser. Les faits lui ont, semble-t-il, donné raison. Non seulement le FN n'a conquis aucun exécutif à l'issue du second tour, dimanche 29 mars, mais il enregistre un nombre d'élus (62 au total) nettement inférieur à ce qu'il pouvait espérer.

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Surtout, les chiffres analysés par francetv info confirment le fait que le Front national a toujours du mal à mobiliser au-delà de son socle de premier tour. Dans les 1 107 cantons où il a réussi à se maintenir, le parti d'extrême droite ne progresse en moyenne que de 4,55 points au second tour. Dans 258 cantons (23% des cas), il est même en recul par rapport au premier tour. Et dans dix de ces cantons, la régression entre les deux tours est supérieure à cinq points. Il s'agit d'endroits où le FN est arrivé en troisième position au premier tour, et où une partie de ses électeurs a, par conséquent, préféré se reporter sur le candidat de droite, mieux placé à leurs yeux pour battre la gauche.

Dans 13% des cas, le FN progresse de plus de 10 points

A l'inverse, le FN a progressé de plus de dix points dans 149 cantons (13% des cas), la poussée étant même supérieure à 15 points dans 11 de ces cantons. C'est, par exemple, le cas dans le canton de l'Ouest agenais (Lot-et-Garonne), où le FN, en duel avec un binôme PS, enregistre une progression de plus de 1 000 voix au second tour, passant de 27,35% des suffrages au premier tour à 44,55% au second, et bénéficiant donc très probablement d'importants reports de voix d'électeurs UMP.

La gauche plus prompte à freiner le FN en votant à droite

Si le Front national enregistre une progression moyenne assez faible à l'échelle nationale, c'est notamment parce que le front républicain a plutôt bien fonctionné. Dans les 830 cantons où il était en duel au second tour face à un représentant de la gauche ou de la droite, le parti lepéniste n'en a gagné que 22, ce qui représente moins de 3% des cas.

Les candidats du FN ont globalement mieux réussi lorsqu'ils étaient opposés à un candidat de gauche. Dans cette configuration, ils l'ont emporté dans 19 cas sur 293 (soit 6,5% de victoires). A l'inverse, seuls 3 candidats FN sur 537 l'emportent face à la droite (soit 0,6% de victoires). Une statistique qui semble démontrer que les électeurs de gauche sont plus prompts à barrer la route au FN en votant à droite, que les électeurs de droite à faire de même en votant à gauche.