Départementales : que valent les consignes de vote pour le second tour ?

Le premier tour à peine passé, les partis ont déjà donné leurs consignes de vote en cas de présence du FN au second tour. Seront-elles appliquées par leurs électeurs ?Francetv info fait le point, grâce à une enquête Ipsos-Sopra Steria.

Manuel Valls, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen s\'expriment au soir du premier tour des élections départementales, le 22 mars 2015.
Manuel Valls, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen s'expriment au soir du premier tour des élections départementales, le 22 mars 2015. (AFP / FRANCETV INFO)

Le premier tour des départementales à peine passé, les partis multiplient déjà les consignes de vote pour le second tour, programmé dimanche 29 mars. Comme à chaque élection récente, les politiques se divisent sur la ligne à adopter face au Front national, qui s'est qualifié dans plus de la moitié des cantons : le FN sera présent dans au moins 772 duels, 297 triangulaires et dans l'unique quadrangulaire du second tour.

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Eliminé dans plus de 500 cantons, le PS reste fidèle à sa ligne du "front républicain". Le premier secrétaire du parti, Jean-Christophe Cambadélis, a appelé à "faire barrage au FN", tout comme les centristes de l'UDI. L'UMP poursuit en revanche sa ligne du "ni-ni" : en cas d'absence de la droite au second tour, Nicolas Sarkozy a appelé les électeurs à ne voter "ni pour le FN, ni pour la gauche".

Mais quels impacts ont rééellement ses consignes de vote ? A quoi peut-on s'attendre pour le second tour ? Francetv info fait le point, grâce à une enquête Ipsos-Sopra Steria pour France Télévisions*.

En cas de duel droite-FN : le "front républicain" ou l'abstention

Pour les électeurs de gauche, la digue reste solide vis-à-vis du Front national. En cas de duel droite-FN au second tour, seuls 3% des électeurs PS-PRG-DVG opteraient pour le binôme frontiste. La majeure partie d'entre eux choisirait la ligne du "front républicain", puisque 55% affichent leur volonté de voter pour les candidats de droite, quand 42% se prononceraient pour l'abstention ou un bulletin blanc ou nul. Au Front de gauche, l'abstention serait en revanche majoritaire, à 62%.

En cas de duel gauche-FN : les électeurs UMP se divisent

La frontière est plus poreuse entre la droite et le Front national. La plupart des électeurs UMP/UDI/DVD adopterait la ligne du "ni-ni" défendu par Nicolas Sarkozy et choisirait l'abstention ou le bulletin blanc ou nul en cas de duel gauche-FN au second tour.

Mais l'électorat de droite apparaît en réalité très divisé : dans une telle situation, 30% des sondés voteraient pour le binôme FN qualifié au second tour, quand 26% se prononceraient pour les candidats de gauche.

En cas de duel gauche-droite : l'abstention pour la majorité des électeurs FN

Privés de candidats au second tour, les électeurs frontistes se reporteraient majoritairement sur l'abstention ou les bulletins blancs et nuls, à 49%. Une plus faible proportion, 41%, opterait pour le binôme de droite, contre seulement 10% pour la gauche.

Les candidats de gauche, justement, ne bénéficieraient que d'un report partiel des voix du Front de gauche, à 65%. Une part non négligeable de ses électeurs, 31%, choisiraient l'abstention ou le bulletin blanc ou nul.

*Enquête réalisée par internet du 19 au 21 mars 2015 auprès de 2 009 personnes inscrites sur les listes électorales (hors Paris et métropole de Lyon).