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Départementales : ces candidats UMP qui se désistent face au FN

Dans le Vaucluse, dans l'Aisne ou encore dans la Drôme, plusieurs binômes ont décidé de se retirer dans des triangulaires, ne respectant pas la consigne de Nicolas Sarkozy. 

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France Télévisions
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Un électeur saisit des bulletins de vote, à Plouëc-du-Trieux (Côtes-d'Armor), lors du premier tour des élections départementales, dimanche 22 mars 2015.  (  MAXPPP)

Ils ont décidé de passer outre la consigne du patron. Plusieurs candidats UMP qui pourraient prétendre à se maintenir dans une triangulaire ont choisi de se désister pour le second tour des élections départementales, dimanche 29 mars.

Objectif théorique : faire barrage au Front national, en faisant fi de la ligne "ni-ni" (ni front républicain, ni FN) défendue par le président du parti, Nicolas Sarkozy. Mais selon Libération, ces désistements de binômes UMP en faveur du PS pourraient, en réalité, profiter aux candidats du FN. Et ce, en toute conscience : "Seuls face aux socialistes, les candidats du FN peuvent en effet espérer, dans certains cantons, un report massif des voix de l'UMP en leur faveur", écrit le journal.

Francetv info liste les cantons concernés.

Dans le Vaucluse

Le binôme UMP dans le canton de Pernes-les-Fontaines, qui a recueilli 26,7% des voix au premier tour, derrière le FN (37,23%) et le PS (36,07%), s'est désisté. Localement, l'UMP a justifié cette décision parce qu'il "vaut mieux un duel qu'une triangulaire qui déforme les résultats", selon les mots du député UMP Julien Aubert.

Au premier tour du scrutin, le FN est arrivé en tête dans 11 cantons sur 17 dans le Vaucluse, remportant au passage celui du Pontet avec 53,7% des voix. La gauche est opposée au second tour à l'extrême droite dans huit cantons.

Dans l'Aisne

Dans ce département, où le FN peut également l’emporter, deux binômes de droite ont décidé de se désister au second tour pour laisser place à un duel FN-PS, alors qu’ils pouvaient se maintenir en triangulaires, indique Le Monde. Il s'agit des cantons d'Essômes-sur-Marne et Guise.

Dans le canton d’Essômes-sur-Marne, les candidats UDI-UMP, Elisabeth Clobourse et Eric Mangin, sont arrivés en troisième position (25,04 %) derrière le FN (39,72 %) et le PS (25,61 %). Dans le canton de Guise, Olivier Cambraye, candidat divers droite, et sa binôme UMP Anne-Marie Leviel, n'ont récolté que 26,75% des voix contre 29,23 % pour le binôme socialiste et 44,05% pour celui du FN. "Je ne veux pas être le bouc-émissaire, celui qui a fait élire le FN", explique Olivier Cambraye dans les colonnes du quotidien.

Dans la Drôme

Le binôme UMP arrivé en troisième position (28,68%) dans le canton de Grignan, où le Front National est arrivé en tête (37,61%) devant le binôme du PS (31,23%), a également décidé de se désister.

Paul Bérard, l'un des deux candidats du tandem, a affirmé "ne donner aucune consigne de vote à qui que ce soit". "Il y a parfois des actes qui valent plus que des mots", a-t-il complété. "Mon intime conviction est de ne pas dénigrer, minimiser la portée du vote et de l'exaspération des gens. (...) Ces affaires de front républicain ou de 'ni-ni' n'ont pas de sens pour les électeurs", a-t-il ajouté.

Le FN s'est classé en tête dans trois des 19 cantons de la Drôme, celui de Grignan et ceux de Montélimar, des territoires proches du Vaucluse, bastion du parti d'extrême droite.

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