Ce qu'il faut retenir du discours de Jean-Claude Juncker, élu président de la Commission européenne

Avant d'être élu à la tête de la Commission européenne, le Luxembourgeois a défendu son programme devant le Parlement. Chômage, diplomatie et euroscepticisme... retour sur les principaux éléments de son discours.

Jean-Claude Juncker, candidat à la tête de la Commission européenne, s\'exprime devant les eurodéputés à Strasbourg (Bas-Rhin), le 15 juillet 2014.
Jean-Claude Juncker, candidat à la tête de la Commission européenne, s'exprime devant les eurodéputés à Strasbourg (Bas-Rhin), le 15 juillet 2014. (DURSUN AYDEMIR / ANADOLU AGENCY / AFP)

Il a passé son grand oral devant les eurodéputés. Le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker a défendu son programme devant le Parlement réuni à Strasbourg, avant d'être adoubé par les élus à la tête de la Commission européenneFrancetv info récapitule les principaux éléments de son discours.

Une Europe qui fait "rêver"

Après la percée des eurosceptiques aux dernières élections, Jean-Claude Juncker a débuté son discours par une ode à l'Europe, comme le note le JDD. "Nous devons répondre aux angoisses, aux peurs et aux espoirs des citoyens européens par le rêve", a-t-il plaidé.

"L'Europe ne se construit pas contre les Etats, ni contre les nations", a lancé Jean-Claude Juncker face aux députés. "Je dis aux gouvernements : résistez à la tentation de critiquer, en rentrant chez vous, les décisions que vous avez pris ensemble à Bruxelles."

Une Europe contre le chômage

Pour convaincre les élus socialistes, libéraux et écologistes dont l'indécision menaçait son élection, Jean-Claude Juncker s'est livré à une série d'engagements pour lutter contre le chômage. "Il y a un 29e Etat qui est en train de se constituer, l'Etat de ceux qui n'ont pas d'emploi", a expliqué le Luxembourgeois, cité par Euractiv.fr. "J'aimerais que ce 29e Etat membre soit réintégré aux autres."

Pour se faire, il a annoncé son intention de demander un plan d'investissements de 300 milliards d'euros sur les trois prochaines années. "Le social doit être aussi au cœur de l'action européenne", a-t-il assuré, promettant de "lutter contre la fraude fiscale, l'évasion fiscale, le dumping social".

Une Europe à 28, pas plus pour l'instant

Dans son discours, Jean-Claude Juncker a annoncé qu'aucun nouveau pays ne rejoindrait l'UE au cours des cinq ans de son mandat à la tête de la Commission. "L'UE a besoin de faire une pause dans son processus d'élargissement afin de consolider ce qui a été fait à 28", a-t-il expliqué, sans pour autant fermer la porte à de futurs entrants.

"Sous ma présidence de la Commission, les négociations en cours continueront, notamment avec les Balkans occidentaux qui ont besoin d'une perspective européenne", a-t-il poursuivi. Il a également appelé à "intensifier les efforts de coopération, d'association et de partenariat" avec les pays du "voisinage oriental" comme l'Ukraine et la Moldavie.

Une Europe à la diplomatie plus puissante

Jean-Claude Juncker veut "une Europe plus forte sur la scène internationale". "Nous ne pouvons nous satisfaire de notre politique étrangère actuelle", a-t-il dit, regrettant que l'action de la chef de la diplomatie européenne soit parfois "freinée" par les ministres des Affaires étrangères des Etats membres.

La diplomatie de l'UE est aujourd'hui portée par Catherine Ashton, haute représentante pour les affaires étrangères. Jean-Claude Juncker a souhaité que le prochain titulaire du poste soit "une personnalité respectée et expérimentée".

Une Europe confrontée aux eurosceptiques

Le discours n'a pas été de tout repos pour Jean-Claude Juncker, confronté à un hémicycle qui accueille désormais un grand nombre d'eurosceptiques. L'ancien Premier ministre luxembourgeois a défendu l'euro, monnaie unique qui "protège l'Europe" selon lui. Ces propos ont suscité des huées et des protestations qui ont nécessité l'intervention du président socialiste du Parlement, Martin Schultz, pour rétablir le calme, remarque Le Monde.

Jean-Claude Juncker a également répliqué à Marine Le Pen, qui a dénoncé son pouvoir "immense et légitime". "Vous contribuerez au malheur des peuples d'Europe, a dénoncé la leader frontiste. Vous n'avez en aucune manière été choisi par le peuple français, ni par aucun autre d'ailleurs." "Je remercie Madame Le Pen de ne pas voter pour moi, a-t-il rétorqué. Je ne veux pas avoir l'assentiment de ceux qui rejettent, qui excluent."