Autriche : le ministre de l'Intérieur d'extrême droite limogé, les autres ministres de sa formation démissionnent

Le chancelier conservateur autrichien, Sebastian Kurz, a limogé Herbert Kickl, après la diffusion d'une vidéo compromettante pour son parti, le FPÖ. Les autres responsables ont ensuite claqué la porte.

L\'ancien ministre de l\'Intérieur autrichien, Herbert Kickl, lors d\'une conférence de presse à Berlin (Allemagne), le 4 septembre 2018.
L'ancien ministre de l'Intérieur autrichien, Herbert Kickl, lors d'une conférence de presse à Berlin (Allemagne), le 4 septembre 2018. (KAY NIETFELD / DPA / AFP)

C'est un séisme politique en Autriche. "En accord avec le président de la République", le chancelier conservateur autrichien Sebastian Kurz a limogé le ministre de l'Intérieur d'extrême droite Herbert Kickl, lundi 20 mai, après la diffusion d'une vidéo compromettante pour son parti, le FPÖ. Cette décision a entraîné la démission de tous les ministres d'extrême droite.

Ce départ groupé intervient après trois jours de tumultes politiques consécutifs à la diffusion, vendredi, d'une vidéo datant de 2017. Dans ce document, le patron du FPÖ, Heinz-Christian Strache, se disait disposé à offrir des marchés publics à un oligarque russe en échange de financements occultes.

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Heinz-Christian Strache, un allié de la Française Marine Le Pen et de l'Italien Matteo Salvini, a démissionné samedi de ses postes de vice-chancelier et de chef du parti, après 18 mois de coalition avec Sebastian Kurz. Ce dernier avait alors souligné qu'un départ d'Herbert Kickl lui apparaissait également inévitable, ses fonctions au ministère de l'Intérieur étant selon lui incompatibles avec la conduite d'une enquête sur les propos de Heinz-Christian Strache.

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"Il aurait été souhaitable qu'il démissionne comme l'a fait Heinz-Christian Strache", a relevé Sebastian Kurz lors d'une conférence de presse à Vienne. Herbert Kickl s'y étant refusé, il ne restait d'autre solution que le limogeage, a ajouté le chancelier, qui avait auparavant expliqué que "Herbert Kickl ne peut pas enquêter sur lui-même". Considéré comme le stratège du parti, l'ex-ministre de l'Intérieur était secrétaire général et avait la charge des finances du FPÖ au moment des faits évoqués.

Le ministre des Transports, Norbert Hofer, nouveau chef désigné du FPÖ, avait prévenu dans la matinée qu'un limogeage d'Herbert Kickl se traduirait par le départ des quatre autres ministres de ce parti. Quant à Sebastian Kurz, il avait précisé qu'en cas de limogeage, il demanderait au président de la République, Alexander Van der Bellen, de nommer des "experts" aux postes laissés vacants. Des législatives anticipées ont été convoquées à la suite de cette crise politique, un scrutin a priori prévu pour septembre.