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Vidéo "Data Gueule" : le business des brevets

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Data Gueule : abreuvés de brevets
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Data Gueule - franceinfo
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Le nombre de brevets déposés a considérablement augmenté ces dernières années. Plus qu'un outil de protection intellectuelle des inventions, ils sont devenus un marché juteux pour bon nombre d'entreprises.

Les brevets, ces précieux petits morceaux de papier tamponnés, furent créés pour protéger les innovations et les inventeurs. Le possesseur du document peut interdire à quiconque d'utiliser sa trouvaille, pendant une période moyenne de vingt ans. Près de 2,3 millions de brevets ont été déposés dans le monde en 2012, une augmentation record sur ces dernières années, et près de 50% d'entre eux ont été validés, ce qui donne environ 1 million de trouvailles protégées. Y aurait-il beaucoup d'inventeurs sur notre planète ? Pas forcément...

Les brevets, gagne-pain des "patent trolls"

En effet, les brevets sont un business juteux pour les "patent trolls". Ces entreprises, principalement américaines, ne produisent rien : elles se contentent d'acheter des brevets et de faire payer leur utilisation. D'où une baisse de l'innovation. Intellectual Ventures, le plus gros "patent troll" américain, détient à lui seul 70 000 brevets dont l'utilisation lui rapporte 3 milliards de dollars par an. En France, c'est en quelque sorte un "patent-troll" d'Etat qui a été créé par François Fillon, France Brevets, financé grâce au grand emprunt.

C'est dans le secteur des nouvelles technologies et de l'informatique que l'on protège le plus d'inventions aujourd'hui. Pour un smartphone, par exemple, il faut 200 brevets différents, un pour chaque technologie intégrée à l'appareil. Mais un autre secteur, plus discret, n'en n'est pas moins lucratif : celui des médicaments. Le brevet du Lipitor, le médicament le plus vendu au monde, détenu par l'entreprise Pfizer, lui a rapporté jusqu'à 13 milliards de dollars par an, entre 1991 et 2011. Pour chaque maladie, un brevet, et un business.

Les monopoles accordés par les brevets permettent des dictatures commerciales. L'enjeu n'est donc plus d'inventer utile, mais d'inventer rentable.

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