VIDEO. Agriculteurs en colère : à la rencontre de Nicolas, jeune éleveur de 28 ans

Accablés par les contrôles et les réglementations, les paysans français se sentent incompris. Ils ont le sentiment que l’agriculture est devenue complètement bureaucratique. Ils dénoncent des normes insupportables.

France 2

Nicolas Delouche travaille avec ses parents depuis plusieurs années en Charente. Malgré les difficultés, le jeune homme de 28 ans entend bien poursuivre sa passion, l’élevage. "À partir de 14 ans, j’ai commencé à venir travailler sur l’exploitation, et après ça ne m’a pas lâché", se souvient-il au micro de France 2.

Mais les contraintes sont de plus en plus pesantes. Chaque erreur peut coûter cher. En 2012, Nicolas a mis des animaux dans une parcelle déclarée en jachère quelques jours trop tôt. Contrôlé, il a perdu 17 000 euros d’aides européennes.

Plus de salaire

Autre préoccupation pour l’avenir : son exploitation de 300 hectares pourrait se retrouver bientôt en zone vulnérable en raison de la présence de cours d’eau. Des contraintes supplémentaires. "Le tas de fumier ne pourra plus être stocké en bout de champ pendant la période hivernale. Ça nécessite donc un investissement supplémentaire sur l’exploitation, faire une plateforme pour stocker le fumier chez nous", indique le jeune éleveur.

La zone vulnérable interdit par ailleurs de laisser les terres sans culture. "On va être obligés de mettre une culture piège à nitrates pour éviter que l’azote soit lessivé vers les rivières", explique Nicolas, qui précise que cela "engendrera un coût supplémentaire de 8 000 à 10 000 euros par an sur l’exploitation". Or, depuis un an, l’agriculteur n’a plus de salaire.

 

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Des agriculteurs manifestent au Mans (Pays de la Loire), le 5 novembre 2014. 
Des agriculteurs manifestent au Mans (Pays de la Loire), le 5 novembre 2014.  (FREDERICK FLORIN / AFP)