VIDEO. "C'est de l'argent qui pourrait aller ailleurs" : en France, 19 aéroports survivent grâce aux subventions publiques

Une centaine d’aéroports commerciaux sont installés sur le territoire. Mais selon une enquête de "L'Œil du 20 heures", il est "impossible" d'être rentable pour une vingtaine d'entre eux.

"L’Œil du 20 heures" a examiné un récent rapport du Conseil supérieur de l’aviation civile (CSAC). Il y est écrit qu’“au-dessous de 200 000 passagers” par an, “impossible” d’être rentable. Et sous les 200 000, nous avons compté 19 aéroports, dont celui du Havre (Seine-Maritime). Seulement 6 491 passagers recensés en 2018.

L’aéroport ne survit que grâce aux subventions de la métropole : 330 000 euros cette année, soit 50 euros d’argent public par voyageur. Voilà qui fait cher la turbulence. “Ce sont les subventions publiques qui viennent financer ces aéroports, ce ne sont pas les structures privées, s'indigne Matthieu Brasse, conseiller municipal (PS) du Havre. C’est de l’argent qui pourrait aller ailleurs, par exemple dans le développement de la ligne ferroviaire Le Havre-Paris.”

Trois aéroports très proches en Normandie

En Normandie, dans un rayon de 30 km, la région compte trois aéroports, rien que ça. Deauville (Calvados), à 35 mn à peine de celui du Havre (Normandie), et Caen, le plus important. "Il n'y a pas trop d'aéroports en Normandie, assure pourtant Daniel Fidelin, vice-président (LR) de l'agglomération Le Havre Seine Métropole. Notre objectif n'est surtout pas de faire concurrence aux autres et de ne faire qu'un aéroport. Nous voulons des aéroports de proximité. Au Havre, nous avons des hélicoptères de la douane et de la protection civile."

Mais pour Jacques Pavaux, expert en transports aériens, cette situation est une aberration. "Beaucoup de petites collectivités ont l’impression d’exister quand elles ont un aéroport, alors elles se payent un aéroport, juge-t-il. Ce sont surtout les contribuables qui payent. Mais aujourd’hui avec tous les TGV qu’on a, la plupart du temps ces aéroports régionaux ne sont pas nécessaires.” Selon lui en France, seuls les vingt aéroports les plus importants sont parfaitement rentables. Les autres dépendent surtout des subventions publiques.