Violences urbaines à Lyon : "Les forces de l'ordre sont victimes d'une violence désinhibée", selon la porte-parole de la police

Invitée de franceinfo mercredi après l'envoi de CRS à Lyon dans un quartier où des policiers ont été visés par des tirs, la porte-parole de la police nationale a estimé que "c'est principalement sur les policiers" que la violence s'exerce.

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Radio France
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Un policiers lors d'un contrôle routier à Montbéliard (Doubs), le 2 avril 2021 (illustration).  (LIONEL VADAM  / MAXPPP)

"Les forces de l'ordre sont victimes d'une violence désinhibée envers elles", a réagi mercredi 27 octobre sur franceinfo Sonia Fibleuil, commissaire divisionnaire et porte-parole de la Direction générale de la police nationale (DGPN), alors que des policiers de la brigade anti-criminalité ont été visés par des tirs lundi soir à Lyon près d'un point de deal, dans le quartier de la Duchère. Des CRS ont été envoyés en renfort dans ce quartier mardi.

Ces violences sont-elles la conséquence de la lutte contre les trafics de drogue ?

Les forces de l'ordre sont victimes d'une violence désinhibée envers elles, qui existe d'une manière générale dans la société, puisque d'autres subissent le même sort, comme les enseignants ou les élus, qui sont parfois agressés... Cependant, étant donné que nous représentons une institution d'autorité, c'est principalement sur les policiers que cette violence s'exerce. Nous continuerons à lutter contre le trafic de stupéfiants dans tous les quartiers, y compris ceux qui sont sensibles. Effectivement, notre travail, qui a consisté à multiplier les opérations de police sur les points de deal, a eu pour conséquence de déranger ce trafic. Ils réagissent pour pouvoir le faire perdurer.

Ce genre de faits s'observaient auparavant dans des zones très sensibles. Ils se produisent désormais dans des territoires moins connus pour être concernés par le trafic de drogue. Cela signifie-t-il que le trafic de drogue est présent partout sur le territoire français ?

Le trafic de drogue est présent de manière éparse, un peu partout sur le territoire. Nous avons visiblement une action efficace, d'ailleurs l'Office anti-stupéfiants n'a pas démérité. Il centralise  les échanges d'informations au sein des cellules opérationnelles sur les stupéfiants et réalise en plus un travail de fond, d'enquête, qui l'amène parfois à l'international. Cela dépasse donc notre territoire au sens strict, cela dépasse nos quartiers.

Quelles sont les solutions pour enrayer ces trafics ?

On se mobilise doublement. D'une part, on continue de surveiller ces points de deal et de déstabiliser les tâches compartimentées entre l'achat, le transport et la distribution, avec un système de sous-traitance, entre les gérants de points de vente, les guetteurs et les 'nourrices', qui sont souvent les premiers interpellés. Au deuxième niveau, on trouve des enquêtes judiciaires en profondeur, sur le sous-jacent, qui nous amènent à déstabiliser profondément les trafics, via l'arrivage des stupéfiants dans les cités et l'argent collecté.

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