Plus de quatre personnes par mètre carré : le métro parisien est de plus en plus fréquenté depuis cinq ans

Mais cette augmentation traduit une évolution du trafic et n'illustre pas une saturation du réseau entier, selon un porte-parole de la RATP contacté par franceinfo.

Des passagers dans le RER A pendant la grève à Paris le 13 septembre 2019.
Des passagers dans le RER A pendant la grève à Paris le 13 septembre 2019. (MUSTAFA YALCIN / ANADOLU AGENCY / AFP)

"Souvent plus de quatre personnes par mètre carré : à Paris, le métro est au bord de l'asphyxie", estime Le Parisien dans un article mis en ligne lundi 11 novembre. Quatre voyageurs par mètre carré, c'est le barème utilisé par la RATP pour mesurer le taux de charge d'une ligne au sein de son réseau métro et RER. Dès qu'on dépasse ce seuil, la ligne est considérée comme surchargée. "A l'heure de pointe, sur certaines lignes, c'est largement dépassé", reconnaît un porte-parole de la RATP, interrogé mardi par franceinfo. 

La PDG de la régie, Catherine Guillouard, a elle-même identifié trois lignes du métro parisien saturées : la 1, la 9 et la 13, selon Le Parisien. Le quotidien va plus loin et affirme que "plus de 217 000 voyageurs en plus par jour, en moyenne, ont été enregistrés sur le réseau RATP en cinq ans" et que "le réseau a vu sa fréquentation augmenter de 4,5%" sur cette même période.

"Le trafic évolue"

De son côté, le porte-parole de la RATP avance les chiffres suivants : 3,140 milliards de voyages ont été comptabilisés en 2013. Il y en a eu 3,389 milliards en 2018, soit une augmentation de près de 8% en cinq ans. Un voyage correspond à un trajet aller, du domicile au travail par exemple, correspondances comprises. Le retour est considéré comme un autre voyage.

"Cela ne signifie pas qu'il y a toujours des gens en plus aux mêmes heures, mais que le trafic évolue", analyse le porte-parole de la RATP. "Le trafic augmente, mais en dehors des heures de pointe", ajoute-t-il. Dans Le Parisien, Philippe Martin, directeur général adjoint de la RATP, voit plusieurs explications à ce phénomène : "Un dynamisme de l'activité économique, la baisse de la voiture individuelle en zone centrale (Paris et petite couronne), ou encore la baisse du trafic des bus à Paris."

Pour faire face à cette augmentation du trafic, la RATP mise sur "l'innovation", selon son porte-parole. Il cite en exemple le prolongement de la ligne 14, celui de la ligne 11, ou encore les évolutions sur le RER A qui permettront d'accueillir plus de voyageurs. Pas de quoi rassurer, selon Le Parisien, qui alerte sur la "saturation".