SNCF : le statut de cheminot coûte "8%" plus cher à la SNCF par rapport à ses voisins européens

Alain Bonnafous, professeur émérite de l’Université Lumière-Lyon 2 et chercheur au laboratoire d’Économie des transports, a expliqué, mercredi sur franceinfo, tirer ses chiffres d'"un document interne de la SNCF", ce que n'a pas réfuté Bruno Poncet, membre du bureau fédéral SUD-Rail.

Des agents de la SNCF, le 18 décembre 2014, à Paris.
Des agents de la SNCF, le 18 décembre 2014, à Paris. (MAXPPP)

Le projet de loi autorisant le gouvernement à légiférer par ordonnances pour lancer la réforme de la SNCF est présenté, mercredi 14 mars, en Conseil des ministres. Parmi les mesures décriées par les syndicats, le changement de statut des cheminots pour les nouveaux entrants. Ce statut coûte actuellement "8%" plus cher à la SNCF par rapport à ses voisins européens, a indiqué, mercredi sur franceinfo, Alain Bonnafous, professeur émérite de l’Université Lumière-Lyon 2 et chercheur au laboratoire d’Économie des transports.

Un coût qui "garantit la sécurité ferroviaire"

Ce n'est pas l'approche des syndicats. "8%, c'est jamais trop cher", a défendu, sur franceinfo, Bruno Poncet, membre du bureau fédéral SUD-Rail. Ce coût "vous garantit la sécurité ferroviaire par rapport à ce qui passe en Angleterre ou en Italie", a souligné le syndicaliste. Ce dernier a également fustigé la méthode du gouvernement qui veut "passer en force" avec les ordonnances. Il a dénoncé une concertation "menée au pas de charge avec une vingtaine de réunions en l'espace d'un mois".

Alain Bonnafous a précisé s'appuyer sur "un document interne de la SNCF qui fait ressortir un écart de compétitivité de 27% avec les réseaux de nos pays voisins sur le fret". Dans le détail, "la part du statut des cheminots serait de 8%" sur ces 27%, "la part d'organisation du travail ce serait 6%, la part 'règle du jeu' comme accepter ou refuser la polyvalence serait 7% et la part des 'frais de structures' ce serait 6%".