SNCF : le recours possible aux ordonnances, n'est "pas acceptable" selon la CFDT

La CFDT n'accepte pas "la méthode" du gouvernement dans la réforme de la SNCF. Thomas Cavel, membre de la CFDT Cheminot a dénoncé vendredi sur franceinfo les propos de Christophe Castaner qui a évoqué la possibilité de recourir aux ordonnances.

La CFDT a annoncé une grève reconductible à la SNCF jeudi 22 février.
La CFDT a annoncé une grève reconductible à la SNCF jeudi 22 février. (MAXPPP)

La CFDT a exprimé son mécontentement vendredi 23 février sur franceinfo après les déclarations de Christophe Castaner sur la réforme de la SNCF. Le secrétaire d'État a évoqué jeudi 22 février sur BFM TV la "possibilité" de recourir aux ordonnances, pour faire adopter la loi. La CFDT s'est prononcée jeudi soir pour une "grève reconductible" si le gouvernement a recours à cette procédure, "une méthode que nous n'acceptons pas", a dit vendredi 23 février sur franceinfo Thomas Cavel, membre de la CFDT Cheminot.

Franceinfo : Réunis jeudi soir en intersyndicale pour réfléchir à une éventuelle riposte face au projet du gouvernement pour la SNCF, vous avez décidé de ne rien décider ?

Thomas Cavel : Ce n'est pas tout à fait cela. Nous nous sommes retrouvés hier soir, ce qui nous a permis déjà d'échanger sur les constats qu'on portait sur le rapport Spinetta et il y a beaucoup de convergences. La fermeture des petites lignes, la question du statut des cheminots qui est beaucoup mise en avant alors q'on a dit que le statut n'empêche pas d'avoir un groupe public ferroviaire qui soit productif et efficace. Il y a toute une bulle autour de cette question-là qui détourne le regard du vrai sujet qui est l'investissement. Côté CFDT cheminots, ce que l'on a dit dès hier [jeudi], c'est qu'entre lundi, lorsque l'on a rencontré la ministre des Transports qui nous a annoncé qu'il y aurait un temps de concertation autour de ces sujets, et jeudi où l'on a entendu que le recours aux ordonnances était possible, nous avons indiqué que cette méthode n'était pas acceptable.

Pour Christophe Castaner, le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, le recours aux ordonnances pourrait permettre de "travailler vite et bien" pour sauver la SNCF. Serait-ce la provocation de trop selon vous ?

Bien sûr, travailler vite c'est certain, travailler bien, nous, on en a pas l'assurance. Ce qui est indispensable, c'est qu'aujourd'hui le système de transport public doit faire l'objet d'un débat large. Toutes les parties prenantes doivent être concertées. On ne peut pas soustraire le devenir d'un système de transport qui est une pierre angulaire du système économique aujourd'hui, et qui le sera sans doute encore plus demain, on ne peut pas le soustraire à la concertation, au débat parlementaire notamment. Il y a une volonté d'aller vite, c'est clair. Mais pour ce qui est d'aller bien nous n'en n'avons pas du tout l'assurance. Donc il y a clairement un problème de méthode que nous n'acceptons pas.

Si lundi on nous annonce des ordonnances pour réformer la SNCF, quelle sera la bonne réponse syndicale selon vous ?

Il faut une réponse forte, et rapide. Cela veut dire une grève reconductible en mars. Pour le moment, c'est conditionné bien sûr à des annonces qui n'ont pas encore été faites. Les autres syndicats se sont positionnés en disant qu'il fallait voir ce que seraient les annonces. Et qu'en fonction de ces annonces, il y avait une action à mener.