SNCF : 7 000 emplois supprimés entre 2017 et 2019, les syndicats toujours plus inquiets

L'effectif total du groupe public ferroviaire est passé de près de 159 700 agents à la fin 2017 à environ 152 700 deux ans plus tard, selon le "Bilan social 2019" de la SNCF.

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Des employés de la SNCF à la gare de Lyon, à Paris, le 12 décembre 2019. (BERTRAND GUAY / AFP)

L'hémorragie des effectifs s'est poursuivie ces dernières années à la SNCF. Quelque 7 000 postes ont été supprimés en trois ans, de 2017 à 2019, selon le "Bilan social 2019" de la SNCF, consulté par l'AFP, vendredi 18 décembre. L'effectif total du groupe public ferroviaire est passé de près de 159 700 agents à la fin 2017 à environ 152 700 deux ans plus tard.

C'est "le principal plan de suppression d'emplois en France" sur cette période, dénonce SUD-Rail. L'Unsa ferroviaire pointe des effectifs en "baisse de 4,56% !" Au cours de ces trois années, la SNCF a enregistré au total quelque 21 500 départs de salariés en CDI, via des départs à la retraite, licenciements, démissions, ruptures conventionnelles ou encore départs volontaires. Elle a recruté en parallèle près de 14 800 personnes en CDI, d'après le bilan du groupe.

Près de 6 600 personnes ont quitté le groupe en 2019. Cette année-là, les syndicats avaient dénoncé un malaise social grandissant à la SNCF, les incertitudes et les réorganisations déjà en cours pour la réforme ferroviaire, adoptée en 2018, malgré une longue grève, pour un lancement en 2020.

Bond de 66% des ruptures conventionnelles en 2019

Dans le détail, en 2019, les départs de l'entreprise ont diminué de 2,5% par rapport à ceux de l'année précédente, où davantage de cheminots étaient devenus retraités. Les départs à la retraite (environ 3 400) ont en effet diminué de 14,8% en 2019. Mais les démissions ont, elles, grimpé de 26% (près de 1 300) et les ruptures conventionnelles ont bondi de 66% (environ 470). Si les départs volontaires (582) ont reculé de 14% sur un an, leur nombre a presque doublé depuis 2017 (298).

L'année 2019 était la dernière des embauches possibles au statut de cheminot, arrêtées depuis le 1er janvier 2020 conformément aux dispositions de la réforme ferroviaire. Au total, la SNCF a recruté quelque 4 100 personnes en CDI en 2019 (dont 2 352 au statut), soit une baisse de 6,5% par rapport à 2018. Les embauches de jeunes de moins de 25 ans (environ 6 200, dont 1 325 au statut) sont en forte diminution (-18%).

Plus de cadres, moins de postes sur le terrain

Le groupe note, dans l'introduction de son bilan social, que "les évolutions technologiques, la situation économique et l'urgence écologique transforment en profondeur [ses] activités et [ses] métiers", tandis que la réforme ferroviaire "a renforcé les exigences de performance" en mettant la SNCF "en situation de concurrence accrue""Dans ce contexte", le groupe doit "être un employeur encore plus attractif et engagé", ce qui "passe notamment par le développement des compétences des collaborateurs", ajoute l'entreprise.

Mais pour SUD-Rail, le groupe ferroviaire "ne séduit plus". "Chaque année", son bilan social "vient contredire la communication de la direction vantant l'attractivité de l'entreprise et son prétendu engagement sociétal", critique le troisième syndicat de la SNCF. Et "une partie toujours plus importante" des nouvelles recrues "démissionnera dans la première année".

SUD-Rail déplore que "la fragmentation de la SNCF en multiples activités autonomes et le passage en sociétés anonymes" (depuis le 1er janvier 2020) augmentent le nombre de cadres quand des postes sont supprimés "sur le terrain". Le syndicat relève aussi "l'incertitude du contexte d'ouverture des marchés" du transport ferroviaire de voyageurs en France.

"Mal-être des agents"

L'Unsa ferroviaire juge ce bilan social 2019 "catastrophique", estimant qu'il "confirme le mal-être des agents" et le climat "pesant" dans l'entreprise. Le syndicat souligne également le niveau "alarmant" des démissions, auxquelles s'ajoute un triplement des ruptures conventionnelles en trois ans.

Pour le deuxième syndicat de la SNCF, qui réclame une revalorisation "conséquente" des salaires, les cheminots souffrent d'un "manque de reconnaissance" et ont besoin de "véritables plans de carrière", d'"une vision claire de ce que sera leur métier de demain". L'Unsa prévient qu'avec l'arrivée de la concurrence, la "fidélisation des salariés" est "prioritaire".

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