Interruption de trafic et défaillances techniques : les trains régionaux construits par Bombardier dans la tourmente

Les nouveaux trains Regio 2N, construits par Bombardier Transport, sont dans le collimateur des conducteurs de train et des usagers. 

Voyage d\'essai de la première rame du Regio 2N, ici en gare de Marseille-Blancarde.
Voyage d'essai de la première rame du Regio 2N, ici en gare de Marseille-Blancarde. (GARRO THIERRY / MAXPPP)

Silencieux et climatisés, alternant des voitures à un et deux niveaux, les trains Regio 2N de l'entreprise Bombardier Transport, appelés aussi "porteurs hyperdenses", sont en service depuis quelques années sur les réseaux TER et Transilien. Ils équipent déjà dix régions de France. Mais depuis ces derniers mois, les problèmes s'accumulent.

Quand Etienne a vu les Regio 2N rouler sur la ligne R du Transilien qu'il prend pour aller travailler à Paris, il s'est plutôt réjoui. Mais cet été, ce membre d'un Collectif de défense des usagers a déchanté : "Lors des canicules, les pantographes ont arraché la caténaire, ce qui a engendré des interruptions de trafic assez considérables. Après la SNCF nous dit que ces problèmes-là vont se régler au fur et à mesure du rodage des trains", raconte-t-ilDes caténaires arrachées sur les voies de service sans impact sur le trafic, assure de son côté la compagnie ferroviaire, qui a demandé aux conducteurs d'y rouler à 5 km/h au lieu de 30 km/h pour éviter ces incidents.

Des rames d'une "qualité déplorable"

Mais les Regio 2N ont aussi des soucis en cas de choc. C'est arrivé deux fois en huit mois, et notamment jeudi 8 août, rapporte Bérenger Cernon, syndicaliste CGT. "Le conducteur a été dans l'impossibilité d'émettre le signal d'alerte radio et le signal d'alerte lumineux pour arrêter les circulations suite à un choc avec une personne. On est inquiet de voir des rames avec une qualité aussi déplorable. Ce sont des gros incidents qu'on a, à répétition", conclut ce syndicaliste.

La CGT a déposé cinq droits d'alerte sur ces trains depuis janvier, mais la direction de la SNCF veut rassurer : ce sont des "défauts de jeunesse" explique l'entreprise qui a provisoirement équipé les conducteurs de radios portatives et de torches pour donner l'alerte en cas de nouveau problème.