Harcèlement dans les transports : "Seulement 2% de femmes portent plainte", déplore la vice-présidente de la Fédération des usagers des transports

Neuf femmes sur dix disent avoir été harcelées dans une gare, un train, un transport collectif, selon la Fédération nationale des usagers des transports. La vice-présidente de la fédération appelle à former davantage les personnels pour mieux recueillir les plaintes.

Des usagers de la RATP se ruent sur une rame de métro à la station République, le 14 mai 2003, à Paris.
Des usagers de la RATP se ruent sur une rame de métro à la station République, le 14 mai 2003, à Paris. (JACK GUEZ / AFP)

Plus d’une femme sur deux (53%) en France a déjà été victime de harcèlement ou d’agression sexuelle, selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour France Info et Le Figaro. Neuf femmes sur dix disent avoir été harcelées dans une gare, un train, un transport collectif, révèle la Fédération nationale des usagers des transports (FNAUT). "Ce que nous demandons c'est qu'il y ait une vraie formation des personnels de police et des entreprises de transport, parce qu'on sait que les femmes ont vraiment beaucoup de mal à porter plainte", explique sur franceinfo Christiane Dupart, vice-présidente de la FNAUT, la Fédération nationale des usagers des transports. "Seulement 2% de femmes portent plainte."  

franceinfo : Faut-il revoir la conception des transports ?

Christiane Dupart : Absolument. Le monde des transports est un monde d'hommes et les femmes n'ont pas suffisamment la parole. Il faut donner la parole aux femmes. Nous préconisons un certain nombre de mesures, telles que l'arrêt à la demande. Le fait que le soir on puisse faire arrêter un bus près de son domicile. L'aménagement des gares, des circuits. Nous préconisons qu'il y ait des femmes qui marchent dans ces espaces et qui repèrent tous les dispositifs qui sont favorables au harcèlement et qu'elles puissent faire des préconisations. Ce sont des marches exploratoires qui sont déjà initiées dans d'autres pays et qui existent en France, mais qui sont très, très peu connues et qui devraient être généralisées.  

Aux heures de pointe, la promiscuité favorise-t-elle le phénomène ?

Absolument. Parmi les préconisations de la FNAUT, c'est que l'offre de transport soit améliorée. Les conditions de transport à 18 heures dans certaines rames de métro sont absolument inhumaines et favorable aux harcèlements sexistes. Donc, l'offre de transport doit être considérablement améliorée.  

Faut-il créer des endroits réservés aux femmes ?

C'est quelque chose qui est discuté chez les féministes et c'est normal. La seule chose que nous pouvons dire en tant qu'association des transports, il sera très difficile de mettre en place un wagon spécifique et le faire respecter, puisque nous manquons cruellement de personnel dans les transports et une fois qu'on sort du wagon on se trouve dans un espace où, là, le harcèlement peut recommencer. Donc, c'est une solution qui peut être discutée par les féministes mais le problème est beaucoup plus vaste.