Allemagne : la libéralisation du rail

Le rapport Spinetta préconise d'abandonner les petites lignes qui coûtent cher. Elles pourraient être reprises par les régions et confiées à des sociétés privées. C'est exactement ce qui s'est produit en Allemagne.  

France 2

Sur le quai 19 de la gare de Leipzig (Allemagne), entrée du train régional 110. Rien ne le distingue des autres et pourtant, c'est un train privé, exploité par le principal concurrent de la Deutsche Bahn, la SNCF allemande. L'intérieur est spacieux, moderne, les sociétés privées soignent leur clientèle. Et elles ne reprennent pas seulement les lignes les plus fréquentées. Ce train dessert des petites villes dans la campagne. Depuis que l'Allemagne a libéralisé le transport ferroviaire en 1994, la
Deutsche Bahn a dû céder des milliers de liaisons.

450 opérateurs privés assurent 25% du trafic 

Aujourd'hui, il existe 450 opérateurs privés qui assurent 25% du trafic voyageur, essentiellement sur les lignes régionales. Les régions qui lancent les appels d'offres et attribuent les lignes s'assurent que les prix restent raisonnables et que le service ne change pas. Côté cheminots aussi : peu de changements. Uwe Blawe travaille depuis dix ans pour cette compagnie privée avec des conditions de travail similaires à celles de ses collègues de la Deutsche Bahn. "Il n'y a jamais eu de problème. De toute façon, les salaires sont négociés avec des accords de branche", explique-t-il. Mais l'Allemagne est loin d'avoir libéralisé totalement ses chemins de fer. Sur les grandes lignes, la Deutsche Bahn est toujours en situation de quasi-monopole. Aucun concurrent n'a vraiment réussi à s'imposer.

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Le train à grande vitesse allemande ICE circule sur une voie ferrée près de Wolfsburg (Allemagne), le 23 avril 2014. 
Le train à grande vitesse allemande ICE circule sur une voie ferrée près de Wolfsburg (Allemagne), le 23 avril 2014.  (JOCHEN LÜBKE / DPA / AFP)