La pollution ne manque pas d'air dans le métro parisien

Dans les couloirs du métro, la pollution aux particules fines dépasse largement les limites tolérées à l'air libre. Les conséquences sur la santé restent à évaluer.

Une rame arrivant dans une station du métro à Paris, le 10 juin 2009.
Une rame arrivant dans une station du métro à Paris, le 10 juin 2009. (LOIC VENANCE / AFP)

Les Franciliens sont plus exposés à la pollution aux particules fines lorsqu'ils prennent le métro parisien que lorsqu'ils roulent sur les grands axes routiers. Dans les couloirs de la station Châtelet, les concentrations en particules PM10 descendent rarement en dessous des 80 µg/m3, rapporte Libération, mercredi 3 juin. Il s'agit pourtant du niveau maximum autorisé pour l'air extérieur.

Le quotidien a analysé les données de la RATP sur la qualité de l'air, mesurée dans trois stations de la capitale : Châtelet, Franklin-Roosevelt et Auber. Entre 6 heures et la fermeture du métro, le taux de particules PM10 a systématiquement dépassé 80 µg/m3 sur les quais de la ligne 4 à Châtelet, lors de la semaine 13 au 17 avril. Selon la RATP, des pics journaliers ont même atteint 353 à 520 µg/m3.

L'impact sur la santé reste à évaluer

Des résultats similaires ont été enregistrés à la station Auber, où les concentrations en particules PM10 dépassent ce seuil entre 8 heures et 22 heures. La pollution est en revanche moins importante le week-end et dans les couloirs de la station Franklin-Roosevelt.

Ces données restent toutefois à relativiser : la limite de 80 µg/m3, au-delà de laquelle une exposition de courte durée présente un risque pour la santé, ne vaut que pour l'air extérieur. Dans le métro, des concentrations inférieures à 10 000 µg/m3 sont tolérées si l'exposition ne dépasse pas huit heures d'affilées. Un seuil qui n'a jamais été franchi.

Selon Libération, les études manquent pour déterminer si l'impact sur la santé est minime lorsqu'on ne reste que quelques minutes dans le métro. Les syndicats de la RATP estiment toutefois que la santé de ses salariés est en jeu et demandent que la limite maximum de concentration en particules fines soit abaissée. "Le risque sanitaire auquel s’exposent les travailleurs du métro reste à évaluer. Tout va dépendre de la nature des particules respirées"conclut Dominique Gombert, directeur de l'évaluation des risques à l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), interrogé par Libération.