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Dérapages racistes à la SNCF : des sanctions ont été prises, affirme la direction

Des SMS racistes et la diffusion de chants néonazis auraient été constatés au sein de l'équipe assurant la sécurité ferroviaire dans la région de Montpellier.

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France Télévisions
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Les faits se seraient produits en 2012 au sein de la sûreté générale de Montpellier, une équipe de 25 agents qui assure la sécurité ferroviaire. (PASCAL DELOCHE/GODONG/PHOTONONSTOP/AFP)

Des SMS racistes échangés entre collègues, des chants néonazis diffusés dans les locaux, des clients maghrébins maltraités… A la SNCF, plusieurs dérapages racistes auraient été constatés ces dernières années sans que l'entreprise publique ne sanctionne les responsables, révèlait Mediapart dimanche. La SNCF, elle, dément être restée passive.

Que s'est-il passé ?

Les faits, contenus dans des rapports internes consultés par Mediapart, se sont produits en 2012, au sein de la sûreté générale (Suge) de Montpellier, une équipe de 25 agents qui assure la sécurité ferroviaire. Le 7 décembre 2012, un agent envoie le SMS suivant à ses collègues : "Seine-Saint-Denis : cinq Arabes se tuent au volant d’une C5 lors d’une course-poursuite. Le Mirail à Toulouse : un jeune Arabe au volant d’une Saxo force un barrage de police et se tue. Grenoble : trois Maghrébins se tuent à bord d’une DS3 Racing volée. MORALITE : vous n’imaginez pas tout ce que Citroën peut faire pour vous."

Parmi les destinataires figure Eric (le prénom a été modifié). Ecœuré, il alerte la direction de la Suge. Sans succès, selon Mediapart. C'est alors qu'un autre agent, Kamel C., saisit un déontologue de la Suge. Ce dernier souligne dans son rapport que d'autres dérapages se sont produits au cours des deux années précédentes.

A plusieurs reprises, "des propos et musiques" du groupe néonazi Légion 88 auraient été diffusés dans un bureau, avec notamment ce passage : "Je te propose une ratonnade, le massacre des sales Rebeus." En 2011, des tranches de saucisson auraient par ailleurs été déposées dans le casier d'un agent musulman.

Le déontologue a également connaissance de "violences physiques et verbales" volontaires commises lors d’interpellations de personnes d'origine maghrébine.

Comment a réagi la SNCF ?

Dans un premier temps, le déontologue organise une réunion avec les agents, avant de publier un "flash déontologique" destiné à leur rappeler les règles en la matière. Il liste également tous les faits susceptibles de tomber sous le coup de la loi. Mais la direction de la Suge ne prend aucune sanction contre les agents mis en cause. Kamel C., l'homme qui avait alerté le déontologue, écope même d'un avertissement pour des absences injustifiées. Malgré un nouveau rapport accablant émanant de la direction nationale de l'éthique, la direction de la SNCF continue à fermer les yeux, affirme Mediapart.

"A la suite des actes évoqués, des sanctions ont été appliquées pour chacun des faits avérés", se défend pourtant la SNCF dans un communiqué, lundi 6 janvier. En outre, la direction de l'éthique, saisie par deux agents, "a établi des recommandations dans un rapport émis début juillet 2013". Un nouvel adjoint au chef d'agence sûreté de Montpellier a ainsi été nommé, avec "pour mission de veiller à ce que de pareils agissements ne se reproduisent pas" et les règles de déontologie du groupe ont été rappelées au plan national, affirme l'entreprise.

Un agent ayant porté des coups à un individu auteur de vols a "immédiatement été retiré du service opérationnel de la Suge et muté dans une autre direction". L'auteur du SMS n'a lui pas été inquiété, car "ces faits réalisés dans la sphère privée ne pouvaient aboutir ni à une sanction disciplinaire interne, ni à une saisine du parquet", dit la SNCF. Enfin, concernant la diffusion de chants néonazis, un "seul témoignage" a été recueilli, ne permettant pas d'engager des actions disciplinaires internes.

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