Violences à Air France : un employé mis en cause livre sa version des faits

Pascal Maquet, 55 ans, nie toute violence contre les deux cadres molestés. Ce salarié de la compagnie aérienne est pourtant convoqué à un entretien préalable à son licenciement ce mardi.

L\'un des dirigeants d\'Air France, Pierre Plissionnier, est exfiltré du siège d\'Air France, le 5 octobre 2015 à Roissy.
L'un des dirigeants d'Air France, Pierre Plissionnier, est exfiltré du siège d'Air France, le 5 octobre 2015 à Roissy. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Que s'est-il vraiment passé le 5 octobre au matin au siège d'Air France à Roissy ? Si les images du DRH de la compagnie, la chemise en lambeaux, ont fait le tour du monde, les circonstances des événements restent floues. Mardi 27 octobre, dans Libération, l'un des employés mis en cause dans cette affaire livre sa version des faits, et nie tout acte de violence contre Xavier Broseta et Pierre Plissonnier, les deux cadres de l'entreprise molestés.

Pascal Maquet, un manutentionnaire de 55 ans, employé chez Air France depuis 1984, comparaîtra le 2 décembre pour "violences aggravées" devant le tribunal correctionnel. Mis à pied à titre conservatoire, il est par ailleurs convoqué ce mardi par sa direction pour un entretien préalable à son probable licenciement.

Pris dans un mouvement de foule

L'homme raconte comment il a été appréhendé, une semaine après les faits, par les policiers. Pascal Maquet rentrait d'une nuit de travail, lundi 12 octobre au matin. Après avoir pris une douche et des somnifères, il s'apprêtait à s'endormir lorsque les agents de la police de l'air et des frontières ont frappé à sa porte. Il restera trente heures en garde à vue.

Sur le fond de l'affaire, le manutentionnaire affirme être simplement venu faire grève pour exprimer son "mécontentement". "Il y a eu des mouvements de foule, quelques bousculades et ce qu’on a vu à la télé", explique ce salarié encarté à la CGT. Il reconnaît que "des violences ont été commises", mais n'est pas en mesure d'identifier leurs auteurs.

Aperçu sur une vidéo bousculer un vigile, il reconnaît l'avoir fait "de manière involontaire" : "Je pèse 110 kg et j’ai moi-même été bousculé", dit-il. En revanche, il nie catégoriquement les violences contre les deux cadres d'Air France dont il est soupçonné : "C'est faux. Je n'ai eu aucun contact physique avec ces deux personnes", assure-t-il.

Un témoignage accablant et fluctuant

Ces accusations reposent en grande partie sur le témoignage accablant d'un agent de sécurité : "Je reconnais formellement l’individu de type européen, âgé d’une cinquantaine d’années, porteur d’un bouc blanc, crâne rasé, veste noire, comme étant l’auteur de violences à l’encontre des deux directeurs d’Air France. Il a également participé à l’arrachement de leurs vêtements."

Sauf que, selon Libération, ce témoin est largement revenu sur sa déposition à l'issue d'une confrontation générale, affirmant désormais que le syndicaliste a simplement déchiré la chemise de l'un des cadres. "Sans le contexte médiatique, cette affaire ne tient pas une seconde", assure Sofiane Hakiki, son avocat.