L'État au secours d'Air France : la CGT dénonce une aide pour "faire une casse sociale sans précédent"

Le syndicat accuse le gouvernement d'avoir cédé à Bruxelles en ouvrant à la concurrence et d'avoir mis ainsi la compagnie aérienne en difficulté.

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Radio France
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Photo d'illustration. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Vincent Salles, co-secrétaire général du syndicat CGT-Air France, a dénoncé mardi 6 avril sur franceinfo une "aide" de l'État qui "sert à faire une casse sociale sans précédent" alors que Bruno Le Maire a annoncé sur France Inter un accord avec la Commission européenne qui va permettre d’apporter une nouvelle aide de 4 milliards d'euros à Air France.

La compagnie a été touchée de plein fouet par la crise sanitaire. Parmi ces quatre milliards, il y a "trois milliards de prêts de l'État qui vont être transformés en capital, mais ce n'est pas directement une aide", précise le syndicaliste. L'État pourra ainsi monter "à un peu moins de 30%" du capital d'Air France et devenir le premier actionnaire.

"Bruno Le Maire a cédé face à la Commission européenne"

"Il y a un fardeau social qui est immense à Air France, et notamment celui des suppressions d'emplois qui sont en train de s'opérer qui sont de l'ordre de 13 000 sur le groupe. C'est quand même effarant. On n'en parle pas de ça. Cette 'aide' qui est affichée sert quand même à faire une casse sociale sans précédent", a-t-il estimé. Vincent Salles dit que plusieurs pistes sont déjà évoquées pour permettre à la compagnie de se redresser : "On nous parle d'ores et déjà de gel des salaires, de suppressions de jours de congés."

En échange, Air France va céder 18 créneaux horaires à Orly pour se conformer aux règles de la concurrence : "Air France est mise en difficulté par le gouvernement. On va mettre en difficulté Air France parce qu'on va ouvrir à la concurrence", a-t-il regretté. "Bruno Le Maire a cédé face à la Commission européenne", a-t-il dénoncé.

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