Accord salarial chez Air France : "Il reste du flou et de l'ambiguïté", juge le syndicat de pilotes SNPL

Le président du SNPL, Philippe Evain, indique samedi sur franceinfo, conditionner sa signature à l'issue des négociations catégorielles en cours pour les pilotes. 

Des avions d\'Air France en mars 2016 à Orly (illustration).
Des avions d'Air France en mars 2016 à Orly (illustration). (ARNAUD BEINAT / MAXPPP)

"On préfère se prononcer quand on aura la photographie complète, cela nous paraît plus cohérent", a indiqué samedi 20 octobre sur franceinfo Philippe Evain, le président du syndicat de pilotes SNPL Air France. Le premier syndicat de pilotes au sein de la compagnie n'a pas signé, comme la CGT, l'accord de vendredi sur une hausse des salaires en 2018 et 2019.

Des discussions catégorielles en cours

Cinq syndicats ont approuvé le projet social proposé par le nouveau PDG Ben Smith, qui prévoit 2% de hausse des salaires en 2018, puis 2% en 2019 pour tous les employés. Philippe Evain attend, lui, avant de se prononcer, la fin des négociations catégorielles pour les pilotes, qui "devraient aboutir dans quelques semaines". "Les choses étaient parfaitement claires avec tous nos partenaires depuis le départ" assure-t-il, estimant qu'il "s'agit plus de négociations que de combat". "On espère tous qu'on ne sera pas obligés de devoir recourir à nouveau à la grève", précise-t-il.

Concernant l'accord sur l'augmentation générale chez Air France, Philippe Evain regrette un manque de "clarté". "C'est une occasion manquée, la direction avait les moyens de parfaitement clarifier la situation, de poser sur la table un texte qui soit clair, notamment sur le sort de l'année 2019 et de l'inflation 2019souligne-t-il. On regrette, et tous les syndicats regrettent, même ceux qui ont signé, que la direction n'ait pas été capable d'aller un tout petit peu plus loin, à coût parfaitement constant, pour bien clarifier l'année 2019." Alors qu'une négociation est prévue en octobre 2019, "il reste du flou et de l'ambiguïté, c'est un peu ce qui est dommage au moment où on cherche à construire de la confiance. Il faut de la transparence", ajoute le président du SNPL Air France. "Même si la direction a fait un pas, elle a retiré une partie du texte qui ne faisait pas consensus, elle n'est pas allée suffisamment loin dans la clarté et dans la transparence", ajoute-il.

"L'enveloppe y est, l'écriture n'y est pas encore. On espère qu'on va continuer à progresser avec la direction dans la qualité du dialogue social, pour essayer d'avoir des accords qui soient clairs. De l'ambigüité naissent souvent les conflits futurs, et c'est ce que l'on cherche à éviter", conclut Philippe Evain.