"On va mettre Valence sous cloche" : comment le maire de la ville se prépare à la manifestation de "gilets jaunes" samedi

Nicolas Daragon, maire Les Républicains de Valence (Drôme), a expliqué que cette manifestation, annoncée depuis trois semaines, a vu flamber le nombre de participants depuis le passage du président de la République dans la ville.

Un \"gilet jaune\" à Valence (Drôme), lors de la visite d\'Emmanuel Macron, le 24 janvier 2019.
Un "gilet jaune" à Valence (Drôme), lors de la visite d'Emmanuel Macron, le 24 janvier 2019. (BENJAMIN ILLY / FRANCE-INFO)

Commerces fermés, transports en communs perturbés, marchés annulés... La mobilisation des "gilets jaunes", samedi 2 février, causera de fortes perturbations dans le centre-ville de Valence, annonce la préfecture de la Drôme, jeudi. Le communiqué précise que l'accès au centre de la ville "ne sera autorisé qu’aux riverains, à pied ou en véhicule, ainsi qu’aux personnes exerçant une activité professionnelle en son sein". Le maire Les Républicains de Valence, Nicolas Daragon, était l'invité de franceinfo vendredi, avant la manifestation où sont attendus entre 6 000 et 10 000 manifestants, selon le préfet de la Drôme.

franceinfo : Comment vous êtes-vous préparé depuis lundi pour gérer au mieux la manifestation des "gilets jaunes" prévue samedi à Valence ?

Nicolas Daragon : On va mettre Valence sous cloche toute la journée, de 7 heures à 21 heures et faire tout pour qu'il n’y ait pas de débordements. Visuellement, cela ne fait pas un changement énorme, mais on a démonté les plaques en fonte qui sont situées auprès de plus de 300 arbres. Plus de 400 corbeilles à papier et plus de 500 plots-barrières ont été rescellés. Dans les rues piétonnes, on a mis de l’enrobé sur les plots qui ne sont pas bien scellés pour que cela ne serve pas de projectile. Ce qui compte, c’est que quelqu’un qui voudrait utiliser le mobilier urbain pour s’en servir de projectile n’aura plus rien à sa disposition.

Ces mesures ne sont-elles pas disproportionnées ?

Quel choix a-t-on ? Attendre samedi et avoir une manifestation de 10 000 personnes dont 1 000 casseurs et se retrouver dans une situation dramatique ou prendre des mesures préventives. Quelle que soit la situation j’applique les préconisations du préfet de la Drôme. Je ne peux pas me permettre de prendre de risques dans une ville qui n’est pas préparée à recevoir ce genre d’événements. C’est le branle-bas de combat depuis que lundi on s’est aperçu qu’il y avait eu une poussée de fièvre sur les réseaux sociaux. Pour être très clair, jusqu’à la venue à Valence d’Emmanuel Macron, il y avait 1 000 inscrits. Cette manifestation, annoncée depuis trois semaines, a vu flamber le nombre de participants depuis la visite du président de la République.

Dans quel état d’esprit êtes-vous ?

C’est la crainte parce qu’on n’a pas envie qu’il y ait des affrontements. On est une ville paisible. On est dans la crainte et aussi dans la colère, car la visite du président de la République la semaine dernière n’a apporté aucune réponse aux élus locaux et aux citoyens. On ne peut pas paralyser des villes entières qui sont dans la crainte.