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"On va fermer tout ce qu’on peut fermer" : Bourges redoute d'être l'épicentre de l'acte 9 des "gilets jaunes"

Des manifestants venus de toute la France se donnent rendez-vous dans la préfecture du Cher pour l'acte 9 de la contestation, samedi. Un appel auquel se prépare la ville depuis plusieurs jours. 

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Radio France
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La rue  Coursarlon, dans le centre-ville de Bourges (Cher) le 9 janvier 2019.  (SÉBASTIEN BAER / RADIO FRANCE)

Les habitants, commerçants et autorités de la ville de Bourges (Cher) suivent avec attention l'appel de "gilets jaunes" lancé sur Facebook pour un rassemblement dans la ville. Jeudi 10 janvier, 2 400 manifestants ont annoncé leur participation. Ils seraient, dans ce cas, sept fois plus nombreux que samedi dernier.

Une destination centrale

Bourges, 70 000 habitants, s'apprête, le temps d'un samedi, à devenir la capitale des "gilets jaunes". La ville est centrale dans l'Hexagone, mais ce n'est pas peut-être pas la seule explication. "Il y a en a un qui a lâché : 'on va aller chez les Bourgeois'... Pour eux, c’est le nom des habitants de Bourges, mais non ce sont les Berruyers", explique un administré de la ville. La page Facebook dédiée à l'événement du 12 janvier propose tous les renseignements utiles, les adresses des parkings pour les voitures et pour les bus, l'itinéraire de la marche et la promesse d'un petit-déjeuner pour les premiers arrivés. Certains participants ont prévu de faire le déplacement depuis l'Auvergne, la Normandie ou la Bourgogne.

Selon France Bleu Berry, environ 350 manifestants se sont calmement rassemblés dans le centre-ville de Bourges, le 5 janvier, pour l'acte 8. La perspective d'une manifestation bien plus envahissante dans deux jours inquiète les commerçants. "Il y a une certaine psychose, confie Sylvie, une buraliste. Au départ, cela a commencé sur les réseaux sociaux. Quelques clients m’en ont parlé, puis quelqu'un de la mairie... Et plus ça va, plus ça prend de l’ampleur. C’est vrai qu’on a peur que des casseurs s’immiscent, qu’ils s’attaquent aux voitures."   

L'organisation d'une ville morte 

Pour ne pas faire de publicité au mouvement, la préfecture du Cher qui a demandé des renforts de CRS, ne communique plus sur le sujet. De son côté, le maire, Pascal Blanc, affirme prendre la situation très au sérieux. "On va fermer la mairie, les musées, on va fermer tout ce qu’on peut fermer", assure l'élu.

On va faire démonter tous les horodateurs pour éviter que ça serve de projectiles. On fera le maximum de ce qu’on peut faire.

Pascal Blanc, maire de Bourges

à franceinfo

"On n’a jamais connu ce type de mouvement dans une ville comme la nôtre. Quand on voit ce qui se passe depuis des semaines, il y a des raisons d’être inquiets", poursuit Pascal Blanc.   

Une manifestation en plein soldes

Le maire de Bourges recommande aussi aux commerçants de ne pas ouvrir leurs magasins samedi. Un conseil que va suivre Géraldine, qui a commandé des panneaux de bois pour protéger ses onze mètres carrés de vitrine. "Il n’y a pas d’intérêt à rester ouvert pour leur laisser le plaisir de tout détruire. Quand vous êtes en face de fous, vous n’avez pas grand-chose à faire", lance-t-elle. Mais pour Stéphane Jacquet, président d'une union locale de commerçants, il est impossible de fermer boutique, surtout en période de soldes.

Le samedi des soldes, c’est le troisième samedi le plus important de l’année. C’est une journée dont on peut difficilement se passer.

Stéphane Jacquet, un représentant de commerçants

à franceinfo

"De toute façon, si ça tourne vinaigre, qu’on soit fermé ou ouvert, on l’a vu à Paris, ça ne change rien, ils casseront les vitrines pareil", redoute le commerçant.

Ce matin, sur la page Facebook dédié à l'événement, au-delà des 2 400 "gilets jaunes" annonçant leur participation, 12 000 personnes se montraient intéressées.

Bourges se protège avant l'acte 9 des "gilets jaunes" - un reportage de Sébastien Baer
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