Le RIC "ne peut pas s'improviser ; sa dérive populiste est réelle"

Martial Foucault, directeur du Cevipof, le centre de recherche de Sciences Po, est l'invité du Soir 3 lundi 17 décembre.

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France 3

"Il y a quelques éléments du modèle suisse sur lequel on pourrait s'inspirer, mais l'organisation d'un référendum d'initiative citoyenne (RIC) ne peut pas s'improviser", affirme Martial Foucault, le directeur du centre de recherche de Sciences Po.

"L'avantage majeur, selon le directeur du Cevipof, c'est que ça ferait, entre deux élections présidentielles, un moment de discussions, de délibérations pour que les citoyens puissent exprimer des voix discordantes par rapport à ce qui a été proposé par un président élu".

"Un instrument innovant"

"Le risque, c'est que si le RIC était mis en place, il faut s'interroger sur le profil des votants. Ce ne pourrait être que des personnes éduquées, politisées", estime Martial Foucault.

"La dérive populiste est réelle. Les parlementaires et l'exécutif doivent réfléchir aux cadres réglementaires dans lesquels des sujets nécessiteraient x milliers de personnes et des sujets plus importants comme la révision de la Constitution davantage", assure-t-il.

Le RIC provoquerait "une modification de la culture parlementaire, la culture de la fabrication de la loi. Les élus sont élus sur un programme et les citoyens vont venir bousculer ces promesses sur cinq ans".

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Martial Foucault du Cevipof
Martial Foucault du Cevipof (France 3)