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"Ils sont où, les intellectuels dans la rue ?" : Thomas Ostermeieir met des "gilets jaunes" dans sa mise en scène

Le metteur en scène allemand diffuse des images de "gilets jaunes" dans "Retour à Reims", pièce qui raconte notamment le glissement du vote ouvrier vers l'extrême droite. 

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Radio France
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La scène de la pièce "Retour à Reims" où des images des manifestations des "gilets jaunes" sont diffusées.  (THOMAS SAMSON / AFP)

Quand le mouvement des "gilets jaunes" s'invite au théâtre. Du 11 janvier jusqu'au 16 février, le metteur en scène allemand Thomas Ostermeier adapte au Théâtre de la ville à Paris Retour à Reims, le texte à succès de Didier Eribon, dans lequel il a inclus des images des manifestations des "gilets jaunes" diffusées sur un grand écran. 

"Est-ce qu'il ne faudrait pas être plus militant ?"

Thomas Ostermeieir a déjà inséré dans ses mises en scène, même de Shakespeare, des faits d'actualité. Dans Retour à Reims, l'effet est garanti. Ce texte paru il y a dix ans raconte le difficile retour de Didier Eribon, sociologue et philosophe, dans sa ville natale qu'il avait quitté pour faire ses études après avoir fui un père homophobe et ses origines ouvrières. L'auteur constate l'échec de la gauche, le glissement du vote ouvrier vers l'extrême droite et Thomas Ostermeier constate que ce texte était prémonitoire. "Nous essayons dans le spectacle de nous interroger, nous. Est-ce qu'il ne faut pas être plus militant dans les salles de théâtre mais aussi dans la rue ? Ils sont où, les intellectuels dans la rue qui parlent aux gens ? Je crains qu'ils aient beaucoup trop peur devant une foule qui enrage."

Thomas Ostermeier ne se montre pas très optimiste. Il voit la montée des populismes un peu partout dans le monde et sait que si les artistes peuvent alerter, leur pouvoir est infime. "C'est une vraie menace. Je suis très ami avec Kirill Serebrennikov qui est menacé d'aller en prison pour les dix prochaines années en Russie". Le constat est identique en Pologne avec deux metteurs en scène "virés" de leur théâtre. "Ce sont nos voisins. Il faut dans les années qui viennent peut-être réfléchir où on peut fuir", conclut Thomas Ostermeier

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