"Gilets jaunes" : Edouard Philippe annonce la suspension de la hausse des taxes sur les carburants et les tarifs de l’électricité et du gaz

Au delà du moratoire sur l'augmentation des taxes, le Premier ministre annonce le gel des tarifs d'électricité et gaz ainsi que le gel du durcissement du contrôle technique.

Édouard Philippe à la sortie de Matignon avec les représentants de l\'opposition lundi 3 décembre.
Édouard Philippe à la sortie de Matignon avec les représentants de l'opposition lundi 3 décembre. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Edouard Philippe a annoncé, mardi 4 décembre, un moratoire sur la hausse de la taxe sur les carburants prévue le 1er janvier, afin de tenter d’apaiser la fronde des "gilets jaunes". Ce moratoire va durer six mois, "le temps du débat", a-t-il assuré.

Ce qu\'il faut retenir des annonces d\'Edouard Philippe pour les \"gilets jaunes\".
Ce qu'il faut retenir des annonces d'Edouard Philippe pour les "gilets jaunes". (FRANCEINFO)

Le Premier ministre a également annoncé la suspension de la hausse des taxes sur les carburants et la hausse des tarifs de l’électricité et du gaz au 1er janvier "durant la concertation et donc pas durant l'hiver qui s'annonce", a ajouté le Premier ministre, évoquant une "prime mobilité" qui sera étudiée pendant la concertation.

Par ailleurs, la réforme du contrôle technique est également suspendue. "Aucune taxe ne mérite de mettre en danger l'unité de la nation", a expliqué Édouard Philippe.

Une phase de concertation

Place à présent à une phase de concertation qui commencera le 15 décembre et qui se terminera le 1er mars. "Nous devons débattre du juste niveau du service public dans les territoires" a précisé le chef du gouvernement."Il devra déboucher sur des traductions concrètes dans la vie de nos compatriotes". Avant d'ajouter : "Les solutions doivent être différentes dans les grandes villes et dans les campagnes".

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Le gouvernement avait jusqu'alors toujours exclu un tel moratoire, considéré comme un recul. Ce moratoire était une revendication quasi unanime des chefs de partis qui ont été reçus lundi à Matignon par Édouard Philippe.

"La colère vient de loin, elle est aujourd'hui exprimée avec force et de façon collective. il faudrait être sourd ou aveugle pour ne pas la voir et l'entendre. Je l'entends et j'en mesure la réalité, la force et la gravité", a détaillé le chef du gouvernement dans son discours d'appaisement.

Si nous ne trouvons pas les solutions, nous en tirerons les conséquences".Édouard Philippe

Appel au calme et au débat

Il a également demandé "un retour à une certaine civilité", ajoutant qu'il trouve nécessaire les "relations interpersonnelles en politique". "On a le droit d'avoir des moments entre nous et je ne veux pas y renoncer", a-t-il conclu.

Au sujet des nouvelles mobilisations prévues le week-end prochain, Édouard Philippe a prévenu, "s'il y a une nouvelle journée de mobilisation samedi, elle doit être déclarée et se faire dans le calme". Avant d'ajouter que le gouvernement n’acceptait pas les violences "qui ont eu lieu contre les forces de l’ordre, les monuments et contre les commerces". "Les auteurs de ces actes sont recherchés et seront punis", a souligné le Premier ministre.

Parallèlement, le débat prévu mercredi à l'Assemblée nationale, sur la crise des "gilets jaunes" est bien maintenu, il sera même suivi d'un vote des députés. Mais ce vote n'engagera pas la responsabilité du gouvernement. Les discussions sont prévues pour durer trois heures et demi. Le débat sur le même sujet aura lieu jeudi au Sénat.