"Gilets jaunes" : "La majorité des commerçants qui avaient monté un dossier n'ont toujours pas vu la couleur des subventions du gouvernement"

Selon un rapport parlementaire publié mercredi, le mouvement des "gilets jaunes" a coûté plusieurs centaines de millions d'euros à l'économie française. Invité sur franceinfo, le président de la Confédération des commerçants de France déplore que malgré les promesses du gouvernement, de nombreux commerçants lésés n'ont reçu aucune aide.

Les Champs-Elysées, le 14 juillet 2019.
Les Champs-Elysées, le 14 juillet 2019. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

"Des aides ont été mises en places depuis plusieurs mois pour les commerces qui ont perdu beaucoup de chiffre d'affaires, qui ont été cassés, mais la majorité des commerçants qui avaient monté un dossier de toutes pièces n'ont toujours pas vu la couleur de ces remboursements, de ces subventions, qui ont été annoncées par le gouvernement", déclare sur franceinfo Francis Palombi, président de la Confédération des commerçants de France, alors que le mouvement des "gilets jaunes" a coûté plusieurs centaines de millions d'euros à l'économie française, d'après un rapport de la mission d'information parlementaire, publié mercredi 17 juillet.

"Ce brave homme a été cassé deux fois"

"Il y a un très grand nombre de commerçants qui attendent ou qui ont été déboutés à la dernière minute", poursuit-il. Francis Palombi cite ainsi en exemple un commerçant indépendant sur les Champs-Élysées à qui on vient d'annoncer qu'après examen du dossier, ce dernier ne fait pas partie de la boucle des soutenus : "Ce brave homme, il a été cassé deux fois. Donc il y a quand même un dysfonctionnement."

Il y a certainement une part administrative dans tout ça. Dès qu'on parle d'administration, de dossier à monter, c'est toujours compliqué.Francis Palombià franceinfo

"Je ne dis pas que l'État ne veut pas verser cet argent, ajoute le président de la Confédération. Je suis reconnaissant à l'État d'avoir fait des avancées. Il y a eu l'initiative de soutenir le commerce, mais dans les faits, ça laisse à désirer." "Nous en avons ras-le-bol, peste-t-il. Nous disons stop, et nous en sommes même à imaginer, pourquoi pas, par un biais juridique, de porter plainte contre l'État parce que les pertes sont sensibles, irrécupérables."

La moyenne sur plusieurs mois, c'est de 20 à 30%, sans compter certains magasins à Paris qui sont affectés au-delà de ce pourcentage.Francis Palombià franceinfo

Face à cet argent qui n'arrive pas, certains commerçants se retrouvent en difficultés. "Ça empêche, quand il y a eu des dégâts matériels, une reprise normale de l'activité. Il y a des faillites qui se sont suscitées ces derniers mois. Il y a des personnes qui n'ont pas pu continuer. On a même refusé à certains commerçants des reports de TVA, etc".