"Gilets jaunes" : la Fédération de l'habillement appelle le gouvernement à "aider toutes les petites entreprises"

"Nous sommes confrontés d'une manière générale à un ralentissement de la consommation", affirme Éric Mertz, président de la Fédération nationale de l'habillement qui demande un "accompagnement en sortie de crise des commerçants".

Les soldes ont débuté en Lorraine avec une semaine d\'avance (2 janvier 2018).
Les soldes ont débuté en Lorraine avec une semaine d'avance (2 janvier 2018). (JULIO PELAEZ / MAXPPP)

Les quatre départements de la Lorraine donnent mercredi 2 janvier le coup d'envoi des soldes d'hiver, une semaine avant le reste du territoire. Pour Éric Mertz, président de la Fédération nationale de l'habillement, les soldes ne suffiront pas à rattraper les pertes causées par le mouvement des "gilets jaunes", une "baisse d'activité de l'ordre de 20 %". "Nous sommes confrontés d'une manière générale à un ralentissement de la consommation", a-t-il estimé sur franceinfo. Il demande ainsi un "accompagnement en sortie de crise des commerçants".

franceinfo : Attendez-vous ces soldes particulièrement après l'épisode des "gilets jaunes" ?

Éric Mertz : On les attend particulièrement pour deux raisons. Logiquement, c'est effectivement la possibilité de rattraper une saison et d'écouler des stocks importants. La crise des "gilets jaunes" a largement impacté sur le mois de décembre, qui est un mois très fort de notre activité. Je n'ai pas les remontées de cadrage issues des différentes régions, mais on peut tabler aujourd'hui sur une baisse d'activité de l'ordre de 20 % dans le secteur de l'habillement.

Le creux de consommation constaté le mois dernier va-t-il être avalé par ces soldes ?

Malheureusement, je ne crois pas. Depuis quelques années, on a été confronté à un ralentissement de la consommation avec un environnement économique relativement déséquilibré. Les grandes enseignes ont pratiqué des logiques de prix infondés, sans prendre en compte la juste valeur d'un produit. Aujourd'hui, on est en promotion du 1er janvier au 31 décembre. C'est un privilège des grandes enseignes qui déstabilise les consommateurs.

Le grand vainqueur de cet épisode du mois de décembre n'est-il pas avant tout le géant américain Amazon, qui en a profité pour gagner des parts de marché ?

Je ne crois pas que l'enjeu soit là. Il faut se poser la question de l'accompagnement en sortie de crise des commerçants. C'est un enjeu qui me paraît beaucoup plus important. On demande au gouvernement de mettre en place un guichet unique, de la Direccte [direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi] en particulier, pour aider toutes les petites entreprises dans leurs démarches administratives. Aujourd'hui, un établissement qui a quatre ou cinq boutiques dans plusieurs départements doit composer quatre ou cinq dossiers de la Direccte, ce qui est beaucoup trop compliqué.