Allocution d'Emmanuel Macron : 54% des Français souhaitent la poursuite des actions des "gilets jaunes", en baisse de 12 points par rapport à fin novembre

Les mesures annoncées par le chef de l'Etat sont jugées "satisfaisantes" pour une majorité de Français mais elles ne sont pas pour autant suffisantes, selon un sondage Odoxa pour franceinfo et "Le Figaro" publié mardi.

Un groupe de \"gilets jaunes\" regarde sur internet l\'allocution du chef de l\'Etat, le 10 décembre, à Rennes.
Un groupe de "gilets jaunes" regarde sur internet l'allocution du chef de l'Etat, le 10 décembre, à Rennes. (JOEL LE GALL / MAXPPP)

Un mois après le début du mouvement des "gilets jaunes" et quatre samedis de manifestations émaillées de violences dans plusieurs villes de France, Emmanuel Macron a annoncé une série de mesures lundi 10 décembre, lors d'une allocution télévisée. Le président, qui a parlé d'un "état d'urgence sociale", a notamment annoncé une hausse du smic de 100 euros dès 2019, la défiscalisation des heures supplémentaires et la suppression de la hausse de la CSG pour les retraités les plus modestes. 

Selon un sondage Odoxa pour franceinfo et Le Figaro publié mardi 11 décembre, au lendemain de la prise de parole du chef de l'Etat, 59% des Français n'ont pas été convaincus par le président, et 54% des personnes interrogées souhaitent que les actions des "gilets jaunes" (blocages, manifestations...) se poursuivent. C'est toutefois une baisse de 12 points par rapport au sondage Odoxa-Dentsu Consulting du 22 novembre 2018. Ils sont aujourd'hui 46% des sondés à vouloir un arrêt de ces actions.

Parmi ceux qui souhaitent la poursuite des blocages et des manifestations, ils sont 81% dans les rangs des sympathisants de La France insoumise et 81% dans ceux des sympathisants du Rassemblement national. La majorité des sympathisants des autres partis politiques veulent l’arrêt des actions des "gilets jaunes" (52% chez Les Républicains, 61% au Parti socialiste et 88% à La République en marche). Les cadres sont 61% à vouloir que cela cesse. À l'inverse, 63% des ouvriers et employés veulent que le mouvement continue. 

Des mesures jugées "satisfaisantes" mais "insuffisantes"

Les mesures annoncées hier par le chef de l’Etat sont toutes largement saluées par les Français interrogés qui sont entre 55% et 85% à les juger "satisfaisantes", ce qui ne signifient pas qu’elles sont "suffisantes" aux yeux des sondés. Par exemple, 55% des Français interrogés sont satisfaits de la prime de fin d’année défiscalisée. Ou encore 61% sont satisfaits de la hausse de 100 euros net par mois pour les salariés au smic. Les retraités sont à 70% satisfaits de l’annulation de la hausse de la CSG pour ceux d'entre eux qui touchent moins de 2 000 euros par mois.

Parmi ceux qui ont vu, lu ou entendu le chef de l'Etat, 59% l'ont trouvé "plutôt pas convaincant" mais il fait nettement mieux que lors de ses précédentes prises de parole (près de 20 points de plus que celle du 27 novembre). Son discours est qualifié de "clair" par 58% des sondés. Un majorité (58%) estime que le président de la République a "reconnu ses erreurs" et surtout qu’il a "pris la mesure de la gravité de la situation" (54%). Près d’un Français sur deux estime qu’il a "montré qu’il comprenait les préoccupations des Français (49%).

Le discours d'Emmanuel Macron "ne pouvait, c'était impossible, complètement renverser la vapeur" de l'opinion publique et "des frustrations", a expliqué sur franceinfo Céline Bracq, directrice générale de l'institut de sondage Odoxa. Néanmoins, "Emmanuel Macron a réussi à corriger le tir sur son image. Ce sont vraiment des progrès qui ne permettent pas de remporter les adhésions majoritaires mais qui montrent clairement qu'il y eu du mieux lors de cette allocution".

* Cette enquête a été réalisée auprès d’un échantillon de 992 Français interrogés par internet du 10 décembre, après les annonces d’Emmanuel Macron au 11 décembre. La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, niveau de diplôme et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération.