Affaire Geneviève Legay : le procureur de Nice convoqué par le ministère de la Justice

Depuis que cette militante a été blessée, fin mars, lors d'une manifestation de "gilets jaunes", les erreurs de communication s'accumulent.

Geneviève Legay lors d\'un rassemblement de \"gilets jaunes\" à Nice, le 23 mars 2019.
Geneviève Legay lors d'un rassemblement de "gilets jaunes" à Nice, le 23 mars 2019. (VALERY HACHE / AFP)

Jean-Michel Prêtre devra finalement rendre des comptes. Le ministère de la Justice exige des explications de la part du procureur de Nice (Alpes-Maritimes), mis en cause dans sa gestion controversée de l'affaire de la militante Geneviève Legay, blessée fin mars lors d'une manifestation de "gilets jaunes", a fait savoir la Chancellerie.

La direction des services judiciaires du ministère "a saisi officiellement (vendredi) soir le procureur général d'Aix-en-Provence, afin de convoquer le procureur de Nice" pour qu'il s'explique sur "un certain nombre de faits et notamment l'affaire Geneviève Legay", a précisé la Chancellerie qui confirmait une information de Mediapart. "Un retour rapide est attendu" au terme de la convocation du procureur de Nice, placé sous l'autorité hiérarchique du procureur général Robert Gelli.

Soupçon de conflit d'intérêts

Le parquet de Jean-Michel Prêtre est notamment mis en cause pour avoir décidé de confier l'enquête sur les blessures de la septuagénaire à la sûreté départementale, dont la cheffe est la compagne du commissaire chargé du commandement ce jour-là. Jean-Michel Prêtre avait répondu qu'il était au courant de ce choix et que l'enquête avait été "bien menée", tandis que le procureur général a estimé qu'une telle décision n'était "pas illogique".

L'enquête sur les blessures de la militante a été confiée le 29 mars à des juges d'instruction de Nice, saisis d'une information judiciaire pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique". L'avocat de la militante Geneviève Legay, Arié Alimi, en a sollicité le dépaysement. Après avoir refusé une première demande, le magistrat Robert Gelli a transmis jeudi une requête en ce sens au procureur général près la Cour de cassation. La plus haute juridiction judiciaire devra se prononcer.

Geneviève Legay, militante d'Attac âgée de 73 ans, a eu plusieurs côtes cassées et des fractures au crâne, lors d'une charge de policiers pour disperser une manifestation interdite de "gilets jaunes" à Nice le 23 mars. Le procureur avait indiqué le 29 mars qu'elle avait été poussée par un fonctionnaire de police, contrairement à ses premières déclarations.