Manifestation à Quimper : pourquoi le gouvernement craint des violences

Une nouvelle mobilisation est prévue samedi à Quimper (Finistère), sous divers mots d'ordre.

Des manifestants anti-écotaxe jettent des œufs sur les CRS, le 26 octobre 2013, à Pont-de-Buis (Finistère).
Des manifestants anti-écotaxe jettent des œufs sur les CRS, le 26 octobre 2013, à Pont-de-Buis (Finistère). (FRED TANNEAU / AFP)

Le gouvernement est inquiet. A la veille d'une nouvelle manifestation, notamment contre l'écotaxe, à Quimper (Finistère), le Premier ministre met en garde, vendredi 1er novembre, contre "la spirale de la violence". "C'est très important de rappeler que la France est un pays démocratique et que le droit de manifester existe, a commencé Jean-Marc Ayrault. En même temps, on ne peut pas construire si on s'engage dans une espèce de spirale de la violence". Pourquoi cette crainte ?

La dernière manifestation a dégénéré

Mot d'ordre de la manifestation prévue samedi, à Quimper : l'emploi en Bretagne, sur fond de fronde contre l'écotaxe, dont le gouvernement a annoncé la suspension mardi. Une semaine plus tôt, la manifestation devant le portique écotaxe de Pont-de-Buis (Finistère) a dégénéré en violents affrontements entre manifestants et forces de l'ordre. Plusieurs personnes ont été blessées. L'une d'entre elles a eu la main arrachée.

ARNAUD BOULEIS - PACOME LE MAT - MICHEL HIVERT / FRANCE 2

Cette fois, par précaution, la mairie de Quimper a fait démonter le mobilier urbain, et la préfecture a interdit l'accès du centre-ville aux tracteurs. L'association locale de commerçants Les Vitrines a demandé à ses membres de baisser leurs rideaux durant une heure samedi, en soutien à la manifestation.

Des craintes de militants extrémistes dans le cortège

A l'image du gouvernement, la ministre de la Réforme de l'Etat et de la Décentralisation, Marylise Lebranchu, redoute la présence de militants violents. "On a des retours nous disant qu'un certain nombre de groupes sont déjà sur place, et ont l'intention de faire de cette manifestation quelque chose d'un peu plus violent qu'on ne pourrait malheureusement l'espérer. On nous a parlé de groupes anti-mariage pour tous, extrêmes, etc.", a déclaré la ministre bretonne, sur Europe 1.

"J'espère que ceux qui ont appelé à la manifestation (...) sauront éviter et prévenir si jamais ce genre de groupe présent à Quimper faisait autre chose que manifester, a ajouté la ministre. J'espère surtout qu'il n'y aura pas de violences."

EUROPE 1

Le mouvement est divisé

Les organisateurs - des groupements professionnels, le maire de Carhaix, Christian Troadec, et le syndicat FO - assurent que le rassemblement se déroulera dans le calme. Mais plusieurs organisations syndicales se sont désolidarisées de l'appel à manifester à Quimper, la CGT, Solidaires et FSU appelant à leur propre rassemblement, à Carhaix.

"La manifestation pour les salariés n'est pas à Quimper, mais à Carhaix. Elle n'est pas avec ceux qui procèdent aux licenciements. On ne veut pas que les salariés soient les dindons de la farce", a déclaré le secrétaire régional CGT Bretagne Thierry Gourlay. Il dénonce la présence de plusieurs organisations patronales, dont Produit en Bretagne (300 entreprises, 100 000 salariés), parmi les organisateurs de la manifestation de Quimper.

La CFDT a également décidé de se démarquer, indiquant qu'elle ne participerait à aucun des deux rassemblements. Le syndicat juge que la problématique de l'écotaxe est "un paravent évitant de traiter les problèmes de fond" de la Bretagne. Le Comité régional des pêches maritimes de Bretagne avait annoncé dès mardi qu'il ne participerait pas à la manifestation de samedi à Quimper. Selon lui, "la priorité est désormais à un pacte d'avenir Terre et Mer de Bretagne" promis par le gouvernement.