Autoroutes : la hausse des péages suspendue par le gouvernement, procédure des sociétés contre l'Etat

C'est Matignon qui l'annonce ce mardi midi : les tarifs des péages qui devaient augmenter de 0,57% au 1er février vont être gelés dans l'attente des conclusions du groupe de travail parlementaire. Les sociétés d'autoroute lancent une procédure contre l'Etat.

(La hausse des tarifs des péages annoncée au 1er février est suspendue par Matignon © MaxPPP)

Pas question d'augmenter les tarifs des péages autoroutiers au 1 er février prochain. Matignon a choisi de suspendre cette hausse de 0,57% envisagée en attendant les conclusions d'un groupe parlementaire qui réfléchit à l'avenir des concessions accordées aux opérateurs privés. "Dans l'attente de l'aboutissement de ces travaux, le gouvernement a décidé de surseoir à l'application de la hausse des péages prévue contractuellement le 1er février", indique Matignon,  dans un communiqué. "Il prendra des arrêtés à cette fin" précisent les services de Matignon. 

 

Le Premier ministre, Manuel Valls, souhaite faire un point d'étape sur le dossier mi-février.  En annoncant cette suspension, Matignon a une nouvelle fois souligné son intention de "remettre à plat les concessions."  Deux scénarios sont à l'étude : renégociation des contrats de concession ou résiliation de ces contrats. Le régime des concessions autoroutières fait l'object d'un bras de fer depuis plusieurs mois entre les concessions autoroutières et le gouvernement. 

Les deux parties sont accusées notamment par l'Autorité de la concurrence de bénéficier d'une rente de situation. A la fin de l'année dernière, 152 députés socialistes avaient demandé à ce que ces contrats soient dénoncés au 31 décembre 2014. Mais le gouvernement avait préféré temporiser et mettre en place ce groupe de travail avant de prendre une décision. 

"Le politique a réussi à faire bouger la ligne, c'est un geste extrêmement fort" 

Pour Pierre Chasseray, le délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes, "c'est une annonce historique, c'est la première fois qu'un gel des tarifs autoroutiers qui est prononcé" . Et il ajoute : "Le politique a réussi à faire bouger la ligne, c'est un geste extrêmement fort (...) Les autoroutes, si elles n'acceptent pas d'entrer dans une négociation où il faut mettre au coeur des négociations les associatons d'automobilistes, elles vont tout perdre." 

"C'est une annonce historique" Pierre Chasseray, délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes
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Les sociétés autoroutières ont dénoncé une "décison unilatérale" et annoncent, dans un communiqué qu'elles lancent une procédure contre l'Etat.