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Air France : "Sans accord, le retrait du projet" (direction)

Au neuvième jour de grève ce mardi, Air France prévoit d’assurer 48% de ses vols. La plus longue grève depuis 1998 se radicalise dans les deux camps.
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Radio France
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 (Neuvième jour de grève chez Air France, pas de sortie de crise en vue © maxPPP)

Présentée comme "une ultime proposition", la mesure annoncée par la direction d’Air France lundi n’a pas satisfait les pilotes. Le PDG, Alexandre de Juniac a annoncé la suspension provisoire de l’extension en Europe de Transavia, la filiale à bas coût du groupe. Le SNPL, principal syndicat de pilote, a maintenu sa demande de suppression du projet.

Pour la première fois depuis le début du conflit, le 15 septembre, les pilotes vont manifester ce mardi. Leur rassemblement, en uniforme, est prévu à 14h près de l’Assemblée nationale.

Le terme "retrait" prononcé

Interrogé ce mardi matin par nos confrères de France Inter, le PDG d'Air France, Alexandre de Juniac, a laissé entendre que la partie européenne du projet serait retirée si aucun accord avec les pilotes n'intervenait. 

"Nous suspendons et si nous n’arrivons pas à nous mettre d’accord, et bien nous serons obligés, la mort dans l’âme, de retirer le projet. Nous renoncerons à développer l’Europe."

Le dirigeant du groupe Air France-KLM a rappelé les pertes quotidiennes de la compagnie, situées à 20 millions d'euros. Elles pèsent dit-il sur l'avenir de la compagnie.

"Les compagnies aériennes sont mortelles" (Alexandre de Juniac, PDG d’Air France)
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L’éventualité d’un "retrait " du projet a été enregistrée par le SNPL. Le principal syndicat de pilotes le prend comme une "avancée " tout en regrettant que ce point n’ait pas été divulgué lors des réunions de négociation. "Que Monsieur de Juniac prenne ses responsabilités ", a lancé en réponse, Guillaume Schmid, porte-parole du SNPL chez Air France.

"Si effectivement Monsieur de Juniac a enfin compris que son projet de Transavia Europe cristallisait le mécontentement de l’ensemble de l’entreprise, et bien qu’il retire son projet immédiatement."

"Aujourd’hui, nous avons un problème de confiance avec cette équipe dirigeante." (Guillaume Schmid, porte-parole du SNPL)
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L'appel sans succès du Premier ministre

Dimanche, le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies avait lancé sans succès, un appel au "compromis". Lors d’un déplacement en Allemagne lundi, le Premier ministre Manuel Valls,  a appelé à la fin de la grève, en mettant l’accent sur les conséquences économiques du conflit.

"J’en appelle à la responsabilité de chacun, et notamment des pilotes. Il faut que cette grève s’arrête le plus vite possible."

Non seulement le SNPL a maintenu sa demande de contrat unique pour tous les pilotes du groupe, mais il a reçu des soutiens supplémentaires, au-delà de la seule catégorie des pilotes. Cinq autres syndicats demandent aussi "le retrait sans condition du projet ", la CGT, très implantée parmi les personnels au sol, le SNPNC-FO, l’Unac, l’Unsa et SUD-Aérien.

►►►A écouter : le reportage d'Isabelle Raymond

Le bras de fer chez Air France, les déclarations de la direction et du syndicat SNPL (reportage Isabelle Raymond)
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